samedi 13 septembre 2008

Luc Ferry négociant en philosophie



Souvent, pour m'amuser, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur ma pauvre tête, qui brasse plus de souvenirs que si j'avais mille ans, je m'achète le Parisien, où je me régale des rubriques du genre « ça s'est passé près de chez vous, vous vous rendez compte ».

Ce choix de l'abêtissement volontaire me remplit a posteriori d'une culpabilité bariolée; c'est pourquoi je ne l'avoue que rarement à mes plus intimes.

Mais aujourd'hui, la moisson fut bonne. Outre un ensemble de photographies de groupes et de grappes de visages illuminés à l'approche de la papamobile, de fort belle facture, j'ai trouvé la transcription d'un entretien de monsieur Luc Ferry, présenté comme philosophe virgule non-croyant, avec Charles de Saint Sauveur, qui doit être journaliste (avec un nom providentiel).

Je ne sais pas si vous vous souvenez de lui, mais Luc Ferry a été ministre de l'Education Nationale. Mais ce n'était pas vraiment son métier, on l'a rapidement constaté. Dans le civil, monsieur Luc Ferry est polygraphe en philosophie: il produit des livres dits de philosophie et la grande distribution les place en tête de gondole, pas loin du rayon "développement personnel". Il vit donc du négoce en philosophie.

Luc Ferry en pleine promo

Deux ou trois grandes et profondes paroles.

Je défends depuis des années l'idée que la philosophie est une spiritualité laïque, une façon de prendre en charge la question du sens de la vie et du salut par la raison et par soi-même en assumant la lucidité... plutôt que par Dieu et par la foi.

Quel philosophe peut-on prétendre être pour confondre philosophie et spiritualité, et quel non-croyant peut-on prétendre être lorsqu'on utilise cette idée de "salut" ?

Mais Luc Ferry, s'il est un pi(è)tre philosophe et un non-croyant mal dégrossi, est un fin météorologue qui sait bien prendre le vent côté "racines chrétiennes" de l'Occident.

La religion chrétienne est une construction grandiose. Même pour un non-croyant comme moi, elle est magnifique, sans égale sur le plan intellectuel et historique. En outre, le pape est de toute évidence un homme hors du commun.

Heureusement que le commun des mortels n'a que peu à voir avec sa sainteté infaillible...


PS qui n'a rien à voir, mais nous ramène au commun des mortels...

Dans la rubrique « Faits divers »:

Emeute à Château-Rouge

Intervention policière très mouvementée, hier après-midi, au métro Château-Rouge. Une tentative d'interpellation, sous le regard de plusieurs dizaines de badauds indignés, a bien failli dégénérer. Tout commence à 15 heures quand l'un des membres d'une patrouille qui stationne devant le marché Dejean (très fréquenté par la communauté africaine) tente « d'embarquer » une vendeuse à la sauvette. Une arrestation peu orthodoxe. Selon plusieurs témoins, le policier aurait ramené la femme jusqu'à son véhicule en la tirant par les cheveux sur une dizaine de mètres. La foule, très dense sur le boulevard Barbès, prend immédiatement parti pour elle. Un attroupement se forme, quelques insultes fusent et les policiers, débordés, appellent des renforts. En quelques minutes, une demi-douzaine de patrouilles arrivent sur place, sirènes hurlantes. L'ambiance devient de plus en plus électrique. un fonctionnaire fait usage de son Tonfa (grande matraque) pour éloigner la foule. Un autre utilise sa bombe lacrymogène. Il faudra plusieurs minutes pour que l'attroupement se disperse. Selon des témoins, des badauds auraient profité de la cohue pour empêcher l'interpellation de la vendeuse, qui a disparu dans la foule.

B. H.

J'espère bien que les témoins ont bien vu, et que la vendeuse a pu s'échapper.

9 commentaires:

myrage a dit…

"le salut par la raison..."
Il est donc aussi finot que sa belle coupe de cheveux le laissait présager... Autant comme polygraphe que polycon euh, ministre...

C'était quand l'article sur Chateau Rouge?
L'autre jour, à Marcadet-Poissoniers (une station de là), je m'interrogeais sur le passage de passants (...) tous déconfits, en pleurs, un mouchoir sur le nez... Après interrogation "passagère", on m'a répondu "bombe lacrymogène"... Dans le métro, ça m'a étonné, mais j'ai préféré battre en retraite.
Merci de me donner enfin l'explication.
Ca ne se passait donc pas pendant la fête de l'Huma (hier), mais la semaine dernière, ... quel jour précisément?
Je ne sais donc pas si la vendeuse a pu filer...

Guy M. a dit…

Les événements ont du avoir lieu le vendredi 12, puisque l'article est paru dans l'édition de samedi 13.

Je pense que la vendeuse a pu s'échapper: il y a une justice divine!

myrage a dit…

Oui, mais laïque!!! Attention, hé ho!!

Guy M. a dit…

Tu as raison, Dieu est devenu positivement laïque, sa justice aussi.

Le Charançon Libéré a dit…

Si l'intervention est divine, alors je veux bien commencer à croire en dieu. C'est pas si souvent que le bougre se bouge les fesses pour faire une bonne action, hein…

Guy M. a dit…

Je pense qu'il ne faut pas trop rêver non plus: l'intervention a été d'abord et surtout policière, comme trop souvent sur ce marché (je n'ai pas pu retrouver des traces d'une intervention d'il y a six mois ou un an, où les pandores avaient mis à mal une vendeuse enceinte...)

Croire à un peu de solidarité active des "badauds" me convient mieux que de croire au barbu divin...

myrage a dit…

Oui, mais si c'est des badauds barbus, ça change tout!

C'est quel marché précisément?
Quelle rue, j'entends...

Guy M. a dit…

C'est le marché de la rue Dejean, une petite rue qui donne dans la rue des Poissonniers, à la hauteur de Château-Rouge.

J'y vais parfois, quand j'ai un coup de nostalgie africaine...

myrage a dit…

nostalgie africaine?

... ben j'espère que tu feras un détour de qq rues pour me voir la prochaine fois.