mardi 3 juin 2008

La France d'après, c'est aujourd'hui


Un peu plus qu'hier et bien moins que demain…


free music




Ce matin, j'ai été réveillé de ma grise torpeur normande, sous un ciel de bruine et de cafard, par un courriel tonitruant:

TAVUSSA ! NON, MÉTAVU !

Cette amicale mais impérative interjection m'enjoignait de me rendre de toute urgence sur le blog du Yéti pour y ingérer des vidéos. Ce que je fis en ingérant mon petit déjeuner et le tas de pilules et de gélules colorisées qui me permettent de ralentir la dégringolade annoncée de la cotation de mon capital-santé.


Alors, j'ai vu ça, et vous verrez on voit bien, hein!


Ces vidéos explicites ont été mises en ligne sur le site de Rue89, accompagnées d'un compte-rendu que je vous conseille d'aller lire.


Mon oreille distraite avait plus ou moins entendu passer sur les ondes la nouvelle que le très populaire monsieur Fillon avait été quelque peu "chahuté", alors qu'il devait faire dans un lycée une intervention experte sur la toxicomanie, accompagné de madame Dati et de monsieur Darcos. Je n'avais pas été plus loin… Il va falloir que je relise les notices de ma médication, je me demande si ça n'affaiblit pas les réflexes et la vigilance.


Or la vigilance est une vertu qu'il faut cultiver dans la France d'après. Par exemple il faut toujours se méfier quand un journaliste (du service public ou pas) vous dit que tout est rentré dans l'ordre après un chahut de potaches…

Car "ordre" appelle 'forces de l'ordre".


Au Salon du Livre Libertaire, j'ai aperçu un monsieur bien discret sur sa chaise, qui lui n'a certainement commis l'erreur de trouver anodin ce petit mouvement d'humeur à l'entrée d'un lycée.

C'est Maurice Rajsfus.

Document Wikipedia

Maurice Rajsfus a 14 ans en 1942 lorsque ses parents, arrêtés par des policiers français lors de la rafle du Vel’ d’hiv, sont déportés a Auschwitz, d’où ils ne reviendront pas. L'un des policiers fut un temps voisin de palier de la famille. En 1988, pour comprendre, Maurice Rajsfus tentera de l'approcher, mais le retraité l'éconduira d'un brutal: "Ça ne m'intéresse pas!"

Est-ce pour cela que Maurice Rajsfus a écrit une vingtaine d’ouvrages sur la police française, notamment sur son rôle durant l’Occupation et qu'en 1994, il a cofondé l'Observatoire des libertés publiques, qu'il préside ? Pas seulement. Maurice Rajsfus n'a rien d'un traumatisé à vie par une scène primitive, ressassant son ressentiment jusqu'à la nausée, c'est un historien sérieux, rationaliste et malicieux.

Les éditions Après la lune viennent de publier un pamphlet Portrait physique et mental du policier ordinaire que je me permets de vous conseiller pour faire connaissance avec Maurice Rajsfus. Il est articulé en 5 chapitres:

  • La morphologie du policier
  • La brutalité ordinaire
  • La personnalité du policier
  • La représentation du policier
  • Un avenir bleu marine
C'est parfaitement documenté, bien vachard comme il faut et ça console des images ci-dessus, car l'intelligence, ça console toujours… Et puis autant savoir par qui on va se faire éventuellement éclater la tronche.

Vous pouvez le commander sur le site très marrant des éditions Après la lune.

2 commentaires:

Bécassine a dit…

Bonsoir Tonton Croûton

Simple curiosité... C'est l'entrée jeunesse et l'entrée vieillesse du site qui t'ont fait marrer ?

Bises !

Guy M. a dit…

Evidemment, petite bécacousine!

Et puis le site est bien fait, je trouve (mais il faudrait demander à un(e) du ouaib'disaïnne...

Bonne soirée!