vendredi 21 mars 2008

Quand je pense à Fernande…

Quand je pense à Fernande
Je bande, je bande
Quand j'pense à Felicie
Je bande aussi
Quand j'pense à Léonor
Mon dieu je bande encore
Mais quand j'pense à Lulu
Là je ne bande plus
La bandaison papa
Ça n'se commande pas.

Georges Brassens.


J'ai quelque scrupule à citer ce refrain d'un monsieur qui chantait si bien avec un sourire dans la voix, et parfois un chat dans la gorge, et de le faire suivre de cette autre, tout autre citation:

«Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. L’acte de pénétrer est en lui-même agressif. Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas.»

Précisons un peu le contexte de cette déclaration.

Qui? Michel Dubec.

D'après la présentation de son éditeur, Michel Dubec est né en 1948 à Paris. Psychiatre et psychanalyste, il aurait pu se contenter de soulager les névroses dans un cabinet cosy. Mais il a été psychiatre à la prison de Fleury-Mérogis et pédopsychiatre à Saint-Denis. Il est devenu expert auprès des tribunaux, expert agréé par la Cour de Cassation, et depuis un quart de siècle, il a côtoyé les pires meurtriers, de Carlos à Guy Georges. Pédophiles, escrocs, terroristes d'Action Directe, islamistes, psychopathes, tueurs en série, son journal professionnel est un véritable Bottin mondain du crime. Il a écrit Crimes et sentiments avec Claude Cherki-Nicklès (Seuil 1992) et Les Maîtres-trompeurs (Seuil, 1996).

Où? Page 213 du livre Le Plaisir de tuer (Le Seuil 2007), coécrit avec Chantal de Rudder.

Toujours d'après la présentation de l'éditeur, Chantal de Rudder a été grande reportère et rédactrice en chef du Nouvel Observateur pendant plus de vingt ans. Elle est écrivaine et scénariste. Son dernier film, Les Amants du Flore, a obtenu le prix du meilleur scénario au FIPA ainsi qu'au Festival de télévision de Monte-Carlo en 2006.

Dans cette page 213, il est question du violeur et tueur en série, Guy Georges, que Michel Dubec a expertisé.

Avant de "parler sans détour" (voir plus haut), M. Dubec explique:

«Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui jusqu’au viol compris.»

Et après:

«Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré mais évite de les soumettre à des conditions trop crapuleuses ou de les terrifier, au point qu‘elles ne devinent pas qu‘elles vont mourir. Deux d‘entre elles ont demandé à Guy Georges d’enfiler un préservatif et il a accédé à leur requête, comme si de rien n’était! Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du vagin. Guy Georges donne le sentiment que l’acte sexuel était consommé avec complétude. (...) Jusque là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes.»


On pourrait abandonner ce pauvre mec à ses fantasmes s'il n'était expert reconnu devant les tribunaux et si sa prose (et quelle prose!) n'était publiée par un éditeur qui fut prestigieux.

Plusieurs réactions sont possibles… pour les envisager, il est indispensable de se reporter à l'article de Brigitte Brami, Un livre d’un psychanalyste qui justifie le viol, sur sisiphe.org . On peut écrire aux éditions du Seuil, à Madame la Garde des Sceaux, au président de l'Ordre des Médecins… On peut aussi signer la PETITION CONTRE LE PSY QUI JUSTIFIE LE VIOL.




PS: Me voilà maintenant bien douteux sur ma propre sexualité, je me suis réconforté en continuant à écouter Brassens.
En particulier cette chanson que je dédie à qui je sais.




La mise en image a été faite par un sagouin, hélas!

9 commentaires:

Françoise a dit…

Saturne pas rond chez les psys. Ce n'est pas nouveau. Mais là, il fait fort le monsieur.

"Deux d‘entre elles ont demandé à Guy Georges d’enfiler un préservatif et il a accédé à leur requête"

Ah ! Que le violeur est galant qui viole préservatifement ! Ah ! Il nous fait rêver le Mr Dubec. On en meurt d'envie de mourir en mourant si gentiment violée.

Ils vont s'en faire du fric-garanti-sur- facture, le psy déjanté, la journaliste et l'éditeur voyeurs, tou(te)s les zinzins-sado-machins vont se régaler.

Il y a des trésors dans les tas d'ordures... Il suffit de se (ra)baisser assez pour les trouver.

Guy M. a dit…

Oui, il y en a qui poussent un peu loin le, comment disent-ils?, transfert...
Je vois, par ailleurs, que tu as relevé le côté, comment disent-ils?, excrémentiel du fric.

Françoise a dit…

Je ne suis pas du tout copine avec Anastasie, mais là je sais bien ce qu'elle pourrait couper...

Le pire c'est qu'il faut en parler pour dénoncer et qu'en en parlant ça leur fait de la publicité...

Guy M. a dit…

Anastasie ne m'est pas très sympathique non plus, c'est pourquoi je signale la possibilité de lettres à l'éditeur, au ministère et au conseil de l'ordre...
Par ailleurs, on constate qu'un certain nombre de psys sont parmi les premiers signataires de la pétition.

Posuto a dit…

C'est répugnant.
"Après, quand il tue, tout bascule. On le rejette, incapable de saisir, ressentir, appréhender pourquoi il le fait" ???
C'est vrai ça. Alors qu'on aurait juste du programmer une émission chez Mireille Dumas. les gens sont extrémistes, ah la la et bien prompts à s'offusquer de si peu.
Je pense aux familles de victimes.
Honteux.
Kiki

Posuto a dit…

J'ajoute que c'est quelque chose le "pouvoir" des blogs. Je n'ai vu cette information nulle part. J'ai (comme d'habitude) bien fait de venir ici.
Kiki2

Guy M. a dit…

Kiki,
Répugnant, je trouve aussi, et pour les femmes, et pour les hommes... Mais, du haut de son expertise, ce monsieur rétorquerait sans doute que nous avons des blocages inconscients évidents... et on en reprendrait pour 10-15 ans de divan!

jtombeur a dit…

À propos de Brigitte Brami et de Michel Dubec, un nouveau développement :

http://www.come4news.com/m-dubec-un-expert-judiciaire-aussi-conteste-qu-encense-747920

Guy M. a dit…

Merci.