mercredi 17 décembre 2008

Pour votre sécurité...

"Pour votre sécurité, attention à la marche en descendant du train."
Proverbe erratépiste.




Jadis, si je me souviens bien, nous avions une certitude: on trouvait tout à la Samaritaine. Et même n'importe quoi, en cherchant bien, selon arrivage.

Les temps ayant changé, et bien changé, il faut s'attendre à tout partout. Et surtout au Printemps Haussmann, qui pourra reprendre le slogan de la réclame.

C'était du grand magasin, ça, madame.

Sur la qualité des cinq bâtons d'explosifs trouvés derrière les chasses d'eau des toilettes, on peut émettre quelques doutes: selon les enquêteurs, la marchandise ne serait pas de première fraîcheur, et a été livrée sans système de mise à feu.

D'où la nécessité de retrouver le fournisseur le plus rapidement possible. D'autant plus que le dit fournisseur semble avoir une pratique assez atypique du grand art de la correspondance commerciale.

Voyez ce courrier, dont je copicolle le verbatim, comme ils disent au Figaro.fr :

«Nous sommes du Front Révolutionnaire Afghan. Nous avons placé plusieurs bombes dans le magasin printemps homme haussmann, une d'elle se situe au 3ème étage dans les toilettes derrière la chasse d'eau vous la trouverez (dans le premier toilette en rentrant), si vous ne faites pas intervenir quelqu'un avant le mercredi 17 décembre elles exploseront. Faites parvenir ce message a votre président de la république qu'il retire ces troupes de notre pays (l'afghanistan) avant fin février 2009 sinon nous repasserons a l'action dans vos grands magasins de capitaliste et cette fois ci sans vous en avertir, 2 autres bombes sont placés dans les toilettes chez la femme au 2eme étage. je vous assure que ce n'est pas un canular donc prevenez très vite les autorités compétentes ou vous aurez du sans sur les mains.

F.R.A. Vive l Afghanistan libre».

Cette lettre, à la "sémantique inhabituelle" ainsi que le résume excellemment le Figaro.fr, a déclenché une des plus spectaculaires opérations policières et médiatiques de ces dernières années.

Magasin évacué, quartier bouclé, journaux télévisés saturés... Bref, le grand jeu...

On remarquera, en lisant le témoignage de Sylvette, rapporté de LeFigaro.fr, que la direction du magasin a su garder son sang-froid:

«Pendant de longues minutes, on s'est senti vraiment inquiètes parce que notre direction, une fois les clients évacués, nous recommandait de rester sur place au cas où une réouverture rapide serait décidée…»

C'est une direction qui en a !

Pendant ce temps, quelques petits malins ont continué à faire leurs achats de Noël.


"Responsables policiers, représentants des grands magasins et des transports publics" (LeFigaro.fr dixit) devaient se réunir ce mercredi matin au ministère de l'Intérieur.

Voyant qu'aucun communiqué n'était publié et abondamment commenté en milieu de journée, j'ai décidé de faire comme mon camarade le Charançon, et de me convertir en blogueur d'investigation.

A force de trainer mes guêtres de gentilhomme campagnard aux alentours de la place Beauvau, j'ai été abordé par une grisante grisette, modiste de son état, qui venait de sortir du ministère.

C'est toujours plus agréable que d'être approché par un fonctionnaire en civil...

Elle avait été convoquée pour donner un avis de spécialiste sur la meilleure manière de faire porter le chapeau à l'ultra-gauche...

Finaude, elle n'a pas voulu me livrer ses conclusions.

Cependant, après avoir accepté d'entrer en ma compagnie dans un salon de thé où le café est au prix d'un litre de calva de contrebande, elle m'a révélé une partie des discussions.

La réunion a évoqué la délicate question de la sécurité du chef de l'Etat, en prévision des nombreuses cérémonies protocolaires qui se tiendront dans les premières semaines de l'année 2009.

Il ne vous a pas échappé qu'il est extrêmement difficile de protéger un chef d'Etat du nouveau type d'attentat expérimenté par le journaliste Montazer Al-Zaidi contre le président G.W. Bush: l'attentat "pompier".

La proposition du sénateur Philippe M., qui était là par hasard, de déposer un amendement pour interdire la vente libre de chaussures contondantes a été écartée sans ménagements, et le sénateur est reparti en bougonnant.

Revenant aux choses sérieuse, la commission a estimé que l'opinion n'était pas encore mûre pour voir décréter une obligation de se présenter pieds nus devant le président. Un participant a laissé entendre que cette obligation pourrait être limitée aux ressortissants de pays "arabo-islamiques". Il s'est fait huer, et est reparti, très vexé.

Au moment où mon informatrice a quitté la réunion pour aller chercher le café à servir à ces messieurs-dames, on envisageait le déploiement d'un filet de protection autour du président...

A son retour avec le plateau à café, on la remercia gentiment de sa collaboration, et on la fit sortir.

J'attends avec impatience des nouvelles de la place Beauvau...

4 commentaires:

Le Charançon Libéré a dit…

Eheh… on est deux investigateurs en chef !

Cette réunion que tu évoques démontre au moins une chose : Sarkozy a conscience qu'à force de nous casser les pieds, il risque fort de se les prendre dans les dents. C'est déjà ça…

Guy M. a dit…

On dirait bien que l'on s'inquiète... comme on dit dans les gazettes.

Marianne a dit…

Aux dernières nouvelles on soupçonne un des fils de "Ma Dalton "!

En attendant J. Coupat et son amie sont toujours en prison .

Guy M. a dit…

De la requalification des accusations, on est toujours sans nouvelles...