jeudi 11 décembre 2008

La vérité de monsieur Kouchner



Dans ma campagne où la syntaxe n'est pas encore très stabilisée, il est des gens que l'on appelle "ceux-là qui s'croivent".

Pour essayer de comprendre ce que l'on entend par là, profitons de la notoriété de monsieur Bernard Kouchner.

D'autres exemples étaient à ma disposition, mais Monsieur Kouchner est le prototype du "mec qui s'croit". Conçu en 1939, ce prototype est si parfait qu'il n'a jamais été produit en série. Il faut parfois protéger le marché...

Très tôt, monsieur Bernard Kouchner a su qu'il était un être exceptionnel. Cette conviction, qu'aucun doute n'a jamais effleuré, a modelé son personnage, tout entier projeté en avant et constamment surjoué. L'âge lui ayant donné un profil de médaille, il en use dans la plupart des cérémonies officielles où le placent ses hautes fonctions.

Quel beau visage, que l'on sent buriné
par les tempêtes humanitaires du siècle.


Ses prises de paroles se caractérisent toutes par de fortes périodes, prononcées sur un ton magistralement doctoral, et accompagnées de gestes amples et de mimiques appuyées. Cette façon d'occuper l'espace par une mise en scène de soi se heurte parfois à quelques difficultés, résolues par de noires colères... Quelques vidéos, sur la toile, en gardent témoignage.

Ces paroles ont la prétention de traduire une pensée profonde et subtile.

(Gagné mimétiquement par mon sujet, je trouve que ce mot de "prétention" est particulièrement bien choisi. Quel blogueur perdra le monde quand je prendrai ma retraite de zinfluent...)

Modélisation de la pensée kouchnérienne
par une pompe à vide.


La pensée profonde et subtile de monsieur Kouchner a essentiellement tourné à vide autour de la notion des droits humains, domaine où le monde entier lui reconnait une qualité d'expert, et qu'il a su habilement transformer en fond de commerce pour des sociétés comme BK Conseil ou BK Consultants.

Il me vient un fort dégoût en lisant que le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme a été officiellement célébré par ce pontifiant personnage.

Non que je sacralise cette déclaration, mais je pense comme beaucoup qu'elle marque une étape: elle proclame, en termes peut-être trop juridiques, ce qui doit être une vérité.

Libres et égaux, où que nous soyons.

Et c'est justement de ne jamais avoir eu la moindre intention de construire et de défendre cette vérité élémentaire que monsieur Kouchner est devenu ce qu'il est.

Car cette vérité, comme toute vérité, tranche dans le réel et lui impose son découpage.

C'est tout autre chose que la realpolitik défendue par le Ministre des Affaires Etrangères du président Sarkozy.

On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme.

Bernard Kouchner en plein marathon humanitaire
pour faire plaisir à un pote à lui,
ci-devant "président des droits de l'homme".

Qu'est-ce qui fait encore courir Bernard Kouchner ?

Le bonheur de pouvoir se croire homme d'état ?

Quel admirable homme d'état perdra le monde, quand il prendra sa retraite d'influent membre du club Le Siècle ou de la Fondation Saint-Simon...

4 commentaires:

Marianne a dit…

Faire partie d'une structure dans quel but celui d'échanger son carnet d'adresses ou pour débattre de ses idées pour améliorer le monde ?
C'est vrai que Kouchner ne termine pas sa carrière de la manière la plus valorisante pour lui , enfin sauf niveau financier , entendu sur l'émission de Mermet .

Guy M. a dit…

Je n'ai pas voulu insister sur la réussite financière de la carrière de BK... On peut aussi s'accrocher à un poste de ministre pour des raisons très matérielles: salaire, avantages divers, retraite...

pièce détachée a dit…

Cette modélisation de la pensée du Professeur Shadokouchner fait parfaitement écho à l'inscription qui orne son maillot de compétition : «gare au gorille».

Guy M. a dit…

Je trouve que les ayant-droits de Brassens auraient dû lui intenter un procès...