lundi 1 décembre 2008

Monsieur Hortefeux en tête du palmarès




En cette époque où domine la médiocrité, il est des personnalités qui forcent notre admiration par leur sens inné du dépassement de soi.

Prenez monsieur Hortefeux qui a déjà dépassé ses objectifs dans le domaine qui est le sien, celui des rafles et des expulsions, le voyons-nous lever le pied, mettre la pédale douce ou partir en roue libre ?

NON!

Cet homme, investi d'une mission, pour reprendre un de ses mots favoris, est aussi possédé par cette mission. Rien ne semble devoir l'arrêter.

Sauf peut-être la démission, qui semble à peu près programmée, du gouvernement Fillon 1, et la constitution éventuelle d'un gouvernement Fillon 2, où les plus hauts placés au palmarès recevront les plus hautes responsabilités.

Mais, dans ce cas, monsieur Hortefeux n'a rien à craindre: son tableau de chasse aux enfants le place loin en tête au tableau d'honneur.

Couronne de feuilles de chêne et de laurier
(avec une mise au point défaillante)
trouvée sur le site pédagogique de l'académie de Versailles.



La dernière ignominie commise au nom de l'Identité Nationale date déjà d'une semaine. Cela s'est passé à Grenoble, le lundi 24 novembre. Voici la lettre qui a été adressée le 25 novembre au préfet de l'Isère et à l'Inspectrice d'académie:

Grenoble, le 25 novembre 2008

Madame l’Inspectrice d’Académie de l’Isère
Monsieur le Préfet de l’Isère

Nous avons appris lundi 24 novembre 2008 que 3 enfants d’une même famille, scolarisés à l’école du jardin de ville à Grenoble, ont été retirés de l’école pendant les heures de classe par leurs parents sous escorte policière.

Cette famille de quatre enfants avait fait apparemment une demande de titre de séjour.
Elle a été immédiatement conduite au centre de rétention de Saint Exupéry.

C’est à notre connaissance une première dans une école de l’Isère.
Les syndicats signataires s’indignent et sont profondément choqués par de telles pratiques.

Nous exigeons des explications et des informations complètes de la part de Monsieur le Préfet et de Madame l’Inspectrice d’Académie de l’Isère sur ce qui s’est passé pour cette famille.
Nous demandons que ces enfants retrouvent immédiatement leurs camarades de classe.

SNUipp, Sud éducation, SE-UNSA, FSU, SGEN CFDT, PAS 38

J'ignore si cette lettre a reçu une réponse...

Le 25 novembre, la famille était expulsée comme nous l'apprend cette brève d'Indymédia-Grenoble:

Des policiers sont venus chercher à l'intérieur de l'école du Jardin de Ville 3 enfants pour les expulser avec leurs parents.

C'est inadmissible !

Tous devant le Préfecture pour crier notre révolte !

COMMUNIQUE

La famille KURTISHJI a été expulsée !!!

Suite à l'arrestation de la famille Kurtishji dont 3 enfants étaient scolarisés à l'Ecole du Jardin de Ville (Jashko en primaire, Riccardo et Muhammed en maternelle) en date du 24 novembre 2008 et à leur mise en centre de rétention de Lyon Saint Exupéry. La famille a été expulsée de France par le vol de 11h15 pour Leipzig le 25/11/2008 malgré les tentatives désespérées de la Cimade, du collectif du Jardin de Ville et de RESF38 !!!

La situation est grave car il s'agit d'une "Première" en Isère - "venir chercher les enfants pendant la classe"...

Face à cette situation le collectif du Jardin de Ville avec le soutien de RESF38 a convenu d'un rassemblement devant la préfecture
Jeudi 27 novembre à 18 heures (départ Ecole JDV à 17h45) pour manifester son indignation et demander des explications au préfet après l'intrusion de policiers dans l'école (maternelle en l'occurrence) et le retour des enfants.

Le Collectif des parents d'élèves de l'école du jardin de ville appelait à ce rassemblement en ces termes:

Rendez vous à l’école du jardin de ville

à 17h45 jeudi 27 novembre

pour une marche vers la préfecture

Venez nombreux !!!

Lundi 24 novembre vers 15h30, nos enfants ont assisté au départ précipité de 3 de leurs camarades. Encadrés par des policiers jusque dans l’enceinte de l’Ecole maternelle, leurs parents sont venus chercher Jashko, Ricardo et Muhamed en pleine classe.

Ils ont été expulsés de France mardi matin à la première heure sans possibilité effective de recours. Comme nos enfants, nous sommes choqués par cet évènement. Nous tenons à exprimer notre profonde indignation :

- face à la présence de la police dans l’enceinte de l’école,

- face au départ contraint de trois enfants pendant la classe.

Nous demandons au Préfet des explications sur cette intrusion policière dans l’Ecole. Une audience au service de la préfecture a été demandée pour le jeudi 27 novembre à 18h00. Une délégation de Parents d’élèves quittera l’école à 17h45 pour se rendre à la préfecture. La place de ces enfants est à l’école pour poursuivre leur année scolaire au côté de leurs camarades !

Collectif de parents d’élèves du jardin de ville

J'ignore si les services de monsieur le préfet ont reçu qui que ce soit pour donner des explications...

Un courriel d'une amie de RESF 38, largement diffusé à partir du 30 novembre, confirme les faits:

Bonsoir,

Hier s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard.

Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin.

Leurs chaises d'école resteront vides.

C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles.

Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école.

Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible.

Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas".


Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38

Je n'ai rien trouvé dans la presse: je crois que la presse "ne savait pas".

On continue !


Je n'ai su que relayer tout ce que j'ai pu trouver...

Parfois, on a les jambes un peu coupées et on ne trouve pas les mots...

Alors, on réécoute les mots des autres -mais pas n'importe quels mots!

7 commentaires:

Marianne a dit…

Pourquoi se refuser du Prévert dès potron minet ou presque pour dénoncer l'inacceptable .

Guy M. a dit…

La poésie peut tout dire, même l'indicible... C'est peut-être à ça qu'on la reconnait.

Bonne journée.

JR a dit…

C'est une bien belle définition de la poésie.

Le Charançon Libéré a dit…

Quand je pense qu'il y a une époque où les flics ne rentraient pas (enfin, je crois…) dans les écoles. Maintenant, ils y sont en permanence, pour rafler les enfants sans-papiers ou dénicher des petits bouts de shit. Si au moins, ils en profitaient pour essayer de se forger quelques notions d'éducation civique…

Guy M. a dit…

@ JR,
c'est un peu minimaliste comme définition, mais je l'ai adoptée.

@ Charançon,
pour l'instruction civique, c'est trop tard, j'en ai peur.

marie a dit…

le cauchemar ne finit pas,
l'impuissance paralyse,
merci de nous proposer
la poésie
pour nous maintenir
la tête hors de l'eau...;

Guy M. a dit…

On plonge parfois, c'est vrai, mais on n'est pas seul: on continue...