mercredi 1 avril 2009

Des nouvelles du siège de Strasbourg

Evidemment, on pourra trouver que la juxtaposition des deux images qui suivent n'est pas trop marquée du souci d'objectivité critique qui caractérise habituellement ce blogue.

En bref, ce n'est peut-être pas très loyal...

Menfin, c'est comme ça.

Parade solidaire contre le cirque sécuritaire.
Strasbourg, ce 1er avril.

Parade sécuritaire contre des manifestants solidaires.
Entre Kehl et Strasbourg, ce 1er avril.


Notez bien que ce n'est peut-être qu'une question d'éclairage...

Les policiers allemands de la seconde photographie stationnent sur le pont de l'Europe, où une centaine de manifestants étaient venus demander le passage du camion-cantine bloqué par les autorités depuis la veille.

Voici un bout de dialogue, posté sur le blogue spécial des Dernières Nouvelles d'Alsace.



Cette affaire est emblématique du sens de l'humour des autorités chargées du maintien de l'ordre.

Les membres de la cuisine autogérée Le Sabot, qui se rendaient au Village autogéré du contre-sommet, ont été retenu(e)s à la frontière... Il est vrai que la possession de couteaux de cuisine avait de quoi inquiéter...

Selon les DNA:

La police s’est opposée (au passage) aux motifs que certaines des personnes à bord du camion étaient soupçonnées d’« appartenance à un groupe extrémiste (Black Block) et [d’] avoir en possession des documents à distribuer contenant des modalités d’action » (Le « Pense Bête Juridique » édité par la Legal Team), a expliqué à l’AFP une avocate de la Legal Team, Sandrine Chebbale.

Vous pouvez télécharger ce Pense Bête Juridique et voir à quel point il est inquiétant...

Selon le communiqué de presse (Antirépression Strasbourg), l'action n'a pas obtenu gain de cause:

Ce mouvement de soutien s’est formé vers 12h00, s’est dirigé vers le pont où il s’est installé pour 4 heures. Des négociations se sont tenues avec la police allemande, qui bloquait le passage. La police française faisant de même pour le retour en arrière, des négociations parallèles ont aussi été engagées. Si, du côté allemand, celles-ci ont été fructueuses, la police française n’a pas accédé aux revendications. En effet, une autorisation a été donné pour le passage de la nourriture, mais non des personnes. Il a donc été décidé de laisser personnes et camion en Allemagne. Des interpellations ont eu lieu.

(A l'heure où je poste ce billet, il y aurait encore quatre personnes retenues)

Si cela ne vous fait pas rire aux larmes, c'est que vous avez bien fait de ne pas tenter une carrière dans la police.

Vous auriez eu l'impression d'être un peu décalé.




PS: Une information étonnante relevée dans une dépêche à propos de l'incursion de policiers au Village, mardi soir:

Reuters n'a pas pu obtenir la version des autorités qui, contrairement aux organisateurs du contre-sommet, n'ont toujours pas mis en place de dispositif de communication.

Les correspondants de presse sont-ils désormais assez asservis qu'il est devenu inutile de leur tenir la main ?

2 commentaires:

pièce détachée a dit…

Quand même, les gens du Sabot qui préparent des plats végétaliens, y sont pas gentils.

Y pourraient quand même filer des légumes aux «forces de l'ordre», qui sont soumises à un régime carné (bouffer du manifestant) très nuisible au transit en douceur et à la bonne mine.

Guy M. a dit…

Je crois qu'ils sont restés à grignoter leurs carottes, côté allemand, en jetant leurs trognons sur les policiers...