mercredi 7 mai 2008

Blog en jachère

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Ma condition de gentilhomme-jardinier (ou encore de gentleman- gardener, ainsi qu'essaierait de dire monsieur Fillon) va me conduire à laisser ce blog en friche pour quelque temps. J'entends bien les lamentations qui s'élèvent dans les chaumières en prenant leurs grands airs de polyphonies bulgares agrémentées de mélismes arabisants, mais la conjoncture économique me pousse inéluctablement à remettre en culture forcée mon potager de neuf mètres carrés. Certes, sa surface est idéale (pile-poil!) pour le transformer en "studette" pour étudiant(e) parisien(ne), opération qui serait d'un meilleur rapport financier, mais à Trifouillis-en-Normandie, l'étudiant(e) parisien(ne) ne court pas les champs.





Le document qui précède vous montre l'état de la parcelle que j'ai destinée à la production des juteuses tomates de l'été. Un examen superficiel de la chose devrait vous convaincre qu'un travail acharné à partir de ce jour et jusqu'à la Saint Raffarin (anciennement lundi de Pentecôte) ne sera qu'un minimum. J'espère qu'alors l'inflammation du sciatique droit, la déchirure musculaire du fessier gauche, et surtout les ampoules et cals récoltés sur les paumes délicates de mes mains de feignasse (comme on dit par chez nous) ne m'empêcheront pas de reprendre mes activités régulières de blogueur au dixième degré. Mes billets seront peut-être seulement un peu plus courts, car il faudra bien que je me libère de temps en temps pour aller arroser, mais conserveront cet esprit délicat et nuancé qui a fait passer ce mois-ci mon blog de 7023ième place à la 7017ième au classement Wiwikikéla dans la catégorie des moins lus par la cellule de surveillance de l'Elysée ( ce qui devrait changer, suite aux efforts méritoires de mémé Kamisole).


Les amateurs d'agronomie amusante pourront observer ci-dessous un beau bouquet de poireau perpétuel qui a encore l'air en bonne forme, ainsi qu'une belle montée en graine de quelques pieds survivants d'oseille large de Belleville (évidemment, on connaît mon attachement viscéral à cette belle colline où la main de l'UMP a tant de mal à prendre pied - doivent pas arroser...).



Cette digression involontaire me donne l'occasion de rappeler que se tiendra le 8 mai, à partir de 15 heures, place de Ménilmontant, à côté de l'église, le déjà célèbre petit bal sauvage de la commune libre de Bellevill'Montant, dont l'édition 2007 fut malheureusement endeuillée par l'annonce, en catimini, et sur la base d'informations en provenance de Suisse ou de Belgique, de l'entrée en agonie du modèle social français.
 

Cette année, sous un ciel sans nuages, les heureux présents, dont je ne serai pas, pourront voir (et entendre), en toute temporaire insouciance, combien Riton la Manivelle est grand.

4 commentaires:

Kamizole a dit…

Moi non plus je n'y serai pas, sinon de coeur puisque entre Ménilmuche (ma soeur habita un moment rue de Ménimontant) et Belleville (j'ai passé preque deux ans impasse Lauzun entre Buttes-Chaumont et Belleville) la rue des Pyrénées fut le trait d'union avec la Place Gambetta et l'hôpital Tenon. Je l'ai sillonnée souventes fois à pieds ou par le "27" tôt le matin (je ne me réveillais vraiment qu'en arrivant à Gambetta) ou tard le soir (en sortant de l'hosto à 23 h). J'ai traîné mes guêtres partout du XIXè au XXè. De la Place des Fêtes jusqu'à Nation. Sans oublier la Bastoche (pas encore défigurée par cet espèce de pot de fromage blanc (l'Opéra-Bastille) ou République... J'ai été bien contente d'apprendre que les habitants de la rue Ramponneau avaient fait un vrai pied de nez aux promoteurs...

Françoise a dit…

Je lui trouve belle allure, belle verdure à ton jardin. On voit qu'orties, chardons et grattons (c'est comme ça qu'on appelle chez moi ces petites graines qui se collent juste là partout où on ne peut pas les enlever) se portent à merveille.

Avec les torrents de larmes de tous tes blogfans inconsolables, tu n'auras pas trop de peine à arroser.

Bonne bêche, bon courage et que les tomates se portent bien.

(Merci pur le lien).

Guy M. a dit…

Finalement, je suis allé au début du p'tit bal...

Mais je vois que nous avons ce quartier en commun, finalement, (et peut-être à une époque presque identique, puisque j'ai pris mes quartiers intermittents dans le XXième de 75 à 81...

Guy M. a dit…

Françoise, les larmes sont trop salées... Ou alors il faudrait cultiver la salicorne.