mercredi 9 juin 2010

Je suis désinformé, mais je me soigne

Si "notre ami Bernard-Henri Lévy" n'existait pas, on pourrait fort bien s'en passer: il suffirait que Libération trouve un autre actionnaire, ce n'est pas ce qui manque.

Mais on peut se demander si la qualité et la précision de notre information n'en pâtirait point...

Aurait-on, sans lui, découvert cette expression de "blocus israélo-égyptien de Gaza", qui semble promise à un si bel avenir ?

Et surtout, qui d'autre aurait pu me montrer à quel point j'étais désinformé par des "désinformateurs" qui répandent à pleines colonnes la "désinformation" sur tout ce qui concerne de près ou de loin les agissements de l'Etat israélien ?

Les infos de BHL, en général, c'est du solide.

Enfin éclairé par notre quasi unique héritier des Lumières, et désireux de lutter contre cette fameuse "désinformation", je me suis risqué à explorer des sites fiables qui, comme monsieur Bernard-Henri Lévy, ont tant à nous apprendre sur la situation dans la bande de Gaza.

Sur l'un d'entre eux, dont je ne relaierai pas le lien et dont j'oublierai le nom, mais que vous pourrez trouver facilement, j'ai pu consulter un dossier, posté le 31 mai 2010, établissant qu'il n'y avait "pas de blocus à Gaza", et en donnant "les preuves". Ce dossier regroupe des articles publiés précédemment sur ce blogue d'informations et d'opinions.

J'ai pu ainsi apprendre que, loin d'être la "prison à ciel ouvert", voire le "camp de concentration", que me dépeignent les organes de "désinformation" qu'il m'arrive de lire, la bande de Gaza est devenue, depuis le début du blocus-non-blocus instauré conjointement par l'Egypte (surtout) et Israël (accessoirement), un véritable paradis sur terre. Dans cet Eden, si j'en crois les informations non vérifiables de mes nouveaux informateurs, des populations oisives, et heureuses de l'être, attendent chaque jour l'arrivée des nombreux camions envoyés par les israéliens leur apportant d'appétissantes denrées dont ils s'empiffrent ostensiblement dans des restaurants de luxe, non loin d'une piscine olympique.

Ce n'est pas Gaza, c'est Byzance.

Toutes les ménagères de Tel-Aviv
rêvent des marchés de Gaza-City.
(Photos illustrant un article intitulé:
A Gaza, on manque de tout... Et surtout de rien !)

Ce n'est certes pas dans ces articles que s'alimente l'humanisme délicat de monsieur Bernard-Henri Lévy, mais on y retrouve, exprimées de manière un peu plus libre peut-être, toutes ces prétendues informations sur lesquelles il fonde sa négation de l'existence même du blocus de Gaza.

Si l'on s'inflige la lecture des commentaires qui les accompagnent, ces pages donnent une image très instructive de ce qui peut naître de la pensée de notre barbare à visage de (vrai) humaniste, qui, dit-il en faisant allusion à l'action tentée par la flottille de la liberté, "s’honore d’avoir, avec d’autres, aidé à inventer le principe de ce type d’actions symboliques".

(On voit par là que notre "idiot" a su se rendre "utile"...)

Lors de l'action "Un Bateau pour le Viet-Nam".
On voit Sartre... Glucksmann... Aron...
Et c'est sans doute BHL qui prend la photo.

4 commentaires:

Miguel a dit…

Bernard-Henri Lévy est non seulement actionnaire de «Libération». mais aussi de "Occupation"

J’utiliserais la mémé langage et les mémés idées qu BHL avait apporté.

L’arraisonnement du 7e navire, dernier samedi matin, sans violence aucune, avait achevé de me convaincre qu’il y d’autres façons d’opérer pour éviter que ne se referme ainsi, dans le sang, le piège tactique et médiatique tendu par les provocateurs d'une Israël gouverné par une coalition nasioniste aux ses citoyens. Cela dit et redit, on ne peut pas accepter non plus, et pour autant, le flot d’hypocrisie, de mauvaise foi et, à la fin des fins, de désinformation qui semblait n’attendre que ce prétexte pour, comme chaque fois que l’État juif commet une erreur et trébuche, s’engouffrer dans la brèche et déferler dans toutes les médias israéliennes, sionistes et chrétien-évangélistes.

Désinformation, encore : le lamento des idiots utiles tombés dans le piège de ces étranges «humanitaires» de l’état Israël par exemple, des adeptes du ethno-racisme, des fanatiques de l’apocalypse anti-palestinienne et antimuslime, des hommes et des femmes dont certains, quelques jours avant l’assaut, disaient vouloir «faire de la paix par écartèlent que reste de la territoire palestinienne» : comment un philosophe de la trempe du Français Bernard-Henri Levy a-t-il pu se laisser ainsi abuser ? Comment, peut-il, lui, pour le coup, oublier la sacrosainte-sainte distinction entre un gouvernement fautif ou stupide et la foule de ceux qui ne se reconnaissent aucunement en lui et qu’il associe pourtant dans le même projet de blocage insensé ? Désinformateurs, enfin, les bataillons de tartuffes se réjouissant qu’Israël se dérobe aux exigences d’une enquête internationale quand la vérité est, à nouveau, tellement plus simple et plus logique : ce qu’Israël refuse c’est l’enquête demandée par les les États Unis et la Communauté Européenne où règnent les meilleures démocraties démocrates ; ce dont Israël ne veut pas c’est d’une démarche du type de celle qui aboutit aux fameux rapports qu’ont provoque les 'impeachments" des présidents américaines. Israël veut une commission d'enquête faite des possibles criminels de guerre comme Giora Eiland qu'ils n'avaient jamais fait mystère de leur antiarabism militant, boucler dans un mois quelque interviews de non-combattants et de militaires israéliennes sous l’œil des commissaires politiques du Shabak et Shin Bet; Israël est prêt d'accepter seulement une mascarade de justice nationale que serait une enquête bâclée, aux conclusions connues d’avance et ne visant qu’à traîner, comme d’habitude, de façon parfaitement unilatérale, seulement des non-juifs et non-sionistes du monde entier au banc des accusés.

Un dernier mot. Pour un homme comme Vous, pour quelqu'un qui s’honore d’avoir, avec d’autres, aidé à inventer le principe de ce type d’actions symboliques, pour un militant, en d’autres termes, de l’ingérence humanitaire et du tapage qui va avec, il y a dans cette épopée misérable comme une caricature, ou une grimace lugubre, du destin. Mais raison de plus de céder. Raison de plus pour accepter cette confusion des genres, cette inversion des signes et des valeurs. Raison de plus pour embrasser ce détournement de sens qui met au service des barbares l’esprit même d’une politique qui fut conçue pour les contrer. Misère de la dialectique totalitaire antitotalitaire et de ses retournements mimétiques. Confusion d’une époque où l’on défend un État qui a perverti sionisme dans un nazionisme (nasionisme) ethno-raciste, ségrégationniste, judaïste, avec des tendances autoritaires comme s’il s’agissait de vraies démocraties. C’est d’Israël qu’il est le régisseur et l'acteur principal dans ce tourbillon de haine et de folie - mais c’est aussi, que l’on y prenne garde, quelques-uns des acquis les plus précieux, à gauche et a droite notamment, du mouvement des idées depuis deux cents ans qui se voient mis en péril. A bon entendeur, salut!

Guy M. a dit…

Hum... quelques transpositions relève de la haute voltige.

Mais, après tout, ce n'est pas pire que le meilleur BHL.

pièce détachée a dit…

Ah merde, je sais pas écrire en mode déconstruitif. Tant pis.

Salut, «homme comme Vous» !

Guy M. a dit…

Ah, je me doutais bien que tu apprécierais...