jeudi 5 juin 2008

Relais pas vraiment olympique




Ainsi que je l'ai déjà fait jadis ici et là aussi, je relaye quelques éléments d'information et de réflexion sur les opérations effectuées ces temps contre le nouvel ennemi intérieur nommé "mouvance anarcho-autonome".

Cet article a été mis en ligne sur le site Indymédia Paris Ile de France. Je le reproduis intégralement.


Nouvelles de l'affaire d'Ivan, Bruno, Damien et les deux de Vierzon

Une série d'auditions et une arrestation (voir ici) ont eu lieu ces dernières semaines dans le cadre de l'enquête sur ce que les juges, flics et journalistes appellent "la mouvance anarcho-autonome francilienne". Il semble important de décrire quelques-unes des tactiques d'interrogatoire employées par les flics pour obtenir ce qu'ils ont envie d'entendre. Ces auditions en appellent d'autres, sans doute rapidement car juges et flics semblent être dans une phase active des investigations. Toutes ces auditions ont aussi permis de confirmer la manœuvre politique sous-jacente à cette instruction visant à qualifier de terroriste tout un ensemble de pratiques et de points de vue critiques. Rappelons que cinq personnes sont mises en examen dans cette affaire (Ivan, Bruno, Damien et les deux de Vierzon), qu'Ivan, Bruno et la fille arrêtée à Vierzon sont incarcérées et que les deux autres sont sous contrôle judiciaire, le garçon arrêté à Vierzon venant d'être libéré après quatre mois de préventive.

Pour l'instant les auditions n'ont concerné que les personnes mises en examen, leurs familles ainsi que des proches qui ont fait des demandes de parloir. Dans ce dernier cas, se rendre à l'audition était une condition indispensable (mais parfois insuffisante) à l'obtention du permis de visite. Rappelons que l'on peut ne pas se rendre à un interrogatoire lorsqu'on est convoqué en tant que témoin (surtout lorsque la convocation est notifiée par un simple courrier ou par téléphone, comme ce fut le cas ici), que ça peut être un délit mais que ce n'est pas systématique car c'est compliqué pour eux de poursuivre tout un ensemble de témoins qui ne se présentent pas. Il y a un intérêt collectif évident à ne pas se rendre à ces auditions dont les résultats ne sont utilisés qu'à charge dans ces affaires.

Les auditions des proches et des membres des familles ont eu lieu à la brigade criminelle, Quai des Orfèvres à Paris. Pour l'instant seuls les mis en examens ont été auditionnés chez la juge antiterroriste en charge de cette affaire, Marie-Antoinette (ça s'invente pas!) Houyvet, qui est assistée d'un autre juge, Edmond Brunaud. A la brigade criminelle c'est le "groupe Menara" qui s'occupe de l'affaire, du nom de leur chef, un flic qui se présente d'abord sympa et respectueux de la procédure, puis qui joue souvent le rôle du méchant dans les interrogatoires tout en finissant ses gueulantes pour mettre la pression d'une petite remarque en s'inventant une proximité avec les interrogés (par exemple: "Moi aussi j'ai des enfants" aux parents, ou "Moi aussi je viens de tel endroit"). Bref du classique de flic.

L'idée de ce texte est donc aussi de décrire des techniques souvent employées dans les interrogatoires car mieux préparés, il est plus facile de les voir venir et de ne pas se faire avoir. Ça concerne aussi bien les mis en cause dans les affaires que leurs proches (familles, potes qui demandent des parloirs…). Avec les familles, au-delà d'en apprendre éventuellement sur les faits, les flics tentent de retracer un parcours de vie pour construire un profil à des fins judiciaires qui pourrait expliquer "comment il ou elle a pu en arriver là, c'est-à-dire devenir terroriste". De là tout un ensemble de questions pour déceler des manifestations précoces de cette prédestination au terrorisme: "Comment était-il (ou elle) à l'école, au collège, au lycée?", "Avait-il (ou elle) des amis ou était-il (ou elle) asocial(e)?", "se battait-il (ou elle) souvent?", "quelle est son orientation sexuelle?". De plus, de nombreuses questions semblent anodines mais peuvent souvent être utilisées à charge dans un sens ou dans l'autre; un "bon élève" te place rapidement dans la catégorie des idéologues manipulateurs, un "mauvais élève" dans celle des asociaux précoces et des rétifs à toute autorité, alors choisis ton camp camarade! Ca peut sembler caricatural mais plusieurs indices laissent entendre de telles interprétations, surtout, comme c'est le cas dans cette affaire, quand le dossier ne repose sur aucun fait (même si ces "parcours de vie" sont très fréquents dans les affaires criminelles de toutes sortes).

Les flics utilisent également une tactique consistant à endormir un peu l'interrogé au milieu de questions un peu bidons avant de rebondir subitement sur des trucs plus intéressant pour eux: "A-t-il (ou elle) fait des voyages?", "quels sports pratiquait-il (ou elle)?" puis de demander "Mais avec qui faisait-il (ou elle) tout ça? Vous venez de dire qu'il avait des amis, vous vous souvenez bien de certains noms?". En ayant répondu aux précédentes questions, il est plus difficile (mais pas impossible évidemment) d'esquiver les suivantes. On peut citer également la tactique des "questions guidées" où tu comprends déjà très bien vers où le flic veut te mener dans la manière de poser la question: "Qu'est-ce que tu penses du squatt de la rue X ou Y?", le flic présuppose déjà que tu connais tel ou tel lieu et n'importe quel type de réponse viendra au moins confirmer cette hypothèse. Ils peuvent aussi répéter plusieurs fois la même question ou insister lourdement sur un point précis.

La base dans les interrogatoires, utilisée presque systématiquement, c'est la tactique du flic gentil et du flic méchant. Le premier est celui qui parle le plus, met en confiance, pose ses questions gentiment, est serviable et se montre compréhensif ("Je comprends que ce soit dur pour vous", "Vous savez, de vous à moi, je n'aime pas interroger les familles" ou "Moi aussi je trouve que cette affaire prend des proportions délirantes"). Et puis il y a le flic méchant, celui qu'on n'avait pas trop remarqué depuis le début, qui ne parlait pas, qui n'est pas tout le temps dans la pièce, qui fait des aller-retours, puis qui surgit à un moment clé (moment de doute, d'hésitation avant une réponse) en se mettant très proche de l'interrogé, en gueulant et en lui mettant un gros coup de pression: "Je crois que vous n'avez pas compris ou vous êtes!", "Vous n'avez pas l'air de vous rendre compte de la gravité des faits!", "Vous (ou votre enfant selon les cas) allez passer une bonne partie de votre (sa) vie au trou!". Dans cette affaire au Quai des Orfèvres c'est souvent le même Menara qui se charge de cette performance théâtrale. En sachant qu'elle se produit presque à chaque fois, cette technique d'intimidation tombe vite à l'eau et Menara devient un personnage comique plutôt ridicule à vociférer tout seul. Evidemment il n'y a rien de systématique, parfois les flics sont tous sur le registre "gentils" ou tous "méchants", souvent aussi ils changent de registre au fil de l'interrogatoire, encore plus si c'est une garde-à-vue, au gré des réactions de l'interrogé et de ce qui leur donne le plus de résultats.

Les autres tactiques sont également assez classiques. Plusieurs personnes peuvent être convoquées en même temps et auditionnées séparément et simultanément. Des flics font des allers-retours entre les deux pièces et traquent les contradictions entre les déclarations. Outre l'intimidation, les flics insistent sur la proximité notamment avec les parents en instaurant des rapports du type: "Vous savez, pour votre enfant ce n'est pas trop tard, il (ou elle) peut s'en sortir, mais il (ou elle) est mal entouré… Pour le sortir de là, parlez-moi de ses fréquentations.". Les flics essaient aussi le registre de la culpabilisation des mauvais parents "Vous ne savez pas où il (ou elle) habite? Mais vous ne vous intéressez plus à lui (ou elle)!". Il leur arrive aussi de laisser l'auditionné seul dans le bureau, ou avec des personnes qui semblent s'affairer à autre chose, ceci dans le but de voir son comportement. Les interrogatoires sont aussi des tests de personnalité, le flic sur le côté qui n'a pas parlé de tout l'interrogatoire ne vous a peut-être pas lâché du regard en guettant vos expressions ou les manifestations de votre visage. Dans un commissariat, dans le bureau d'un juge ou d'un flic, on est toujours en territoire ennemi, ne l'oublions pas.

Evidemment la meilleure des tactiques consiste à tout faire pour éviter ces moments et à ne rien déclarer mais on n'a pas toujours le choix… Le cas de la garde-à-vue est plus spécifique, dans l'immense majorité des cas il vaut mieux ne rien déclarer en garde-à-vue, encore plus lorsqu'elle a lieu dans le cadre d'une instruction en cours. Il existe tellement de cas où les gens se sont enfoncés ou en ont enfoncé d'autres en croyant bien faire en déclarant des choses en garde-à-vue. Tout ce qui vient d'être dit dans ce texte s'applique évidemment à la garde-à-vue et il faut rajouter quelques éléments plus spécifiques. Premièrement, t'as pas accès au dossier en garde-à-vue, tu n'y as accès qu'au moment où tu es déféré au parquet, c'est-à-dire quand t'es conduit au tribunal, que ce soit en vue d'une comparution immédiate ou d'une mise en examen. Cet élément est primordial, surtout si le motif de la garde-à-vue est sérieux et si elle se déroule dans le cadre d'une affaire déjà instruite, comme c'est le cas ici. Il vaut mieux garder d'éventuelles déclarations pour le juge d'instruction, à la fin de la garde-à-vue et après avoir vu le dossier avec ton avocat.

Pendant une garde-à-vue (48 heures maximum en régime normal, 144 heures en régime antiterroriste ou criminalité organisée avec dans ces deux derniers cas pas d'avocat avant 72 heures, avocat qui de toute façon n'a pas accès à ce moment au dossier), les flics rajoutent quelques registres outre tous ceux qu'on vient d'évoquer. Ils utilisent souvent la tactique du "de toutes façons, on sait déjà tout", qui te pousse à confirmer certaines accusations minimales en te disant qu'ils le savent déjà et qu'ainsi tu crédibilises ta position vis-à-vis de la justice, un "je vous ai tout dit" qui laisse l'impression de sauver l'essentiel en te disant "ce que je leur ai dit, ils le savaient déjà". Il existe plein de cas où c'est faux, où ils jouent de leur impression de toute-puissance pour te faire confirmer des choses qu'ils ignorent. Ca vaut même pour des questions de base du type "Avez-vous eu déjà affaire à la police et à la justice? Ca sert à rien de nous le cacher on le retrouvera!", ce qui est parfois faux car ils ne retrouvent pas toujours tout dans leurs fichiers, ou ils le retrouvent de manière erronée ou incomplète. S'il ne faut pas tomber dans le piège de la toute-puissance policière, il faut aussi se garder de l'inverse, c'est-à-dire du "Ils sont à la masse, je vais les baratiner, je maîtrise parfaitement mon discours". En garde-à-vue tu ne sais jamais ce qu'ils savent et ce qu'ils ignorent et même s'ils sont souvent à la masse, ils sont quand même bien formés et rodés aux interrogatoires et risquent bien plus de te piéger si tu te lances dans des déclarations de toutes façons hasardeuses et très risquées pour toi et pour les autres mis en cause.

Ils jouent sur la fatigue, la lassitude, l'angoisse des heures passées enfermées en cellule à attendre son sort. Six jours seuls dans un trou c'est long, ça donne parfois la mauvaise idée de tenter des choses pour espérer en sortir. Les flics se servent évidemment de toutes ces heures, c'est même le principe de la garde-à-vue. Ils insistent beaucoup sur le fait qu'il est dans ton intérêt de parler, que tu as l'opportunité de te justifier: "Moi je veux bien te croire que t'as rien à voir avec ça, mais il faut que tu t'en expliques, sinon le juge il va te mettre au trou direct et là t'en prends pour des années!", "Je ne te comprends pas, tu as l'occasion de t'expliquer, pourquoi tu saisis pas cette occasion? Je crois que t'as pas compris le fonctionnement de la justice, en déclarant rien t'enfonces ton cas c'est clair, vraiment je te comprends pas…". Une des techniques les plus perverses qu'ils emploient consiste à organiser un chantage entre les gens si plusieurs personnes sont arrêtées en même temps, "Ah tu veux pas parler? Et bien à cause de toi on vous garde tous, toi et tes potes, alors qu'eux ont bien voulu coopérer, et bien à cause de toi vous allez tous en reprendre pour 24 heures de plus, je vais leur dire, ils vont être contents de toi!". Evidemment à ce moment là, tout seul en cellule, tu sais pas comment ça se passe pour les autres, tout ce que les flics disent est souvent faux mais malheureusement cette technique est dure à supporter quand on n'y est pas préparé et les tentations de déclarer quelques trucs en espérant améliorer la situation de tout le monde sont fortes mais complètement illusoires. D'une manière générale, ils tentent souvent de te faire croire que vous avez des intérêts communs, que vous pouvez coopérer pour aller dans le même sens, en oubliant pas de rajouter fréquemment "En tout cas c'est sûr et certain que si tu dis rien tu vas en taule pour des années avec ces chefs d'inculpation!".

Les flics pratiquent souvent la falsification des preuves ou des déclarations, surtout si plusieurs personnes sont arrêtées en même temps, pour mettre la pression ou instiller le doute dans l'esprit des personnes arrêtées: "Ah toi tu parles pas? Tu vas prendre cher, surtout que ton pote s'est mis à table, tu veux voir ces déclarations? En plus il parle de toi!". Il arrive aussi qu'ils fassent croire qu'ils ont un élément évident te confondant, "Tu vois cette cassette vidéo? Et bien dessus il y a un enregistrement où je viens de te voir dans une situation bien compromettante, va falloir que tu t'expliques!", alors que c'était complètement bidon et que la cassette ne contenait rien du tout. Il existe aussi quelques variantes propres à chaque situation, du type "Cette garde-à-vue et cette possibilité de t'exprimer c'est l'occasion pour toi de parler de tes convictions politiques, considère que c'est une tribune!" ou "Toi et tes potes vous êtes ridicules, les grands caïds ils ne se comportent pas du tout comme vous, avec eux au moins on peut discuter, vous, vous me faites pitié, des vrais gamins avec vos cachotteries et votre refus de coopérer…".

Signalons que toutes ces situations viennent d'expériences réelles, très récentes pour la plupart. Il peut sembler plus qu'évident de rappeler toutes ces techniques de flics bien anciennes mais il est tout aussi évident de rappeler que la grande majorité des condamnations pénales est encore basée sur les déclarations, donc sur les interrogatoires, que ce soient les aveux, les contradictions, les témoignages, les balances…

L'autre point important concerne le raisonnement politique et judiciaire qui sous-tend toute cette histoire. Ainsi cinq personnes sont mises en examen pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste" et "l'entreprise terroriste en l'espèce, c'est la mouvance anarcho-autonome francilienne". Cette mouvance (terme très peu précis qui permet donc une interprétation très ouverte) se définit selon eux comme un regroupement informel d'un noyau de 50 à 100 personnes entourées de quelques centaines de sympathisants en Ile-de-France, qui se retrouve derrière le mot d'ordre "La haine de l'État bourgeois, de l'économie capitaliste et de ses appareils" et qui se manifeste principalement dans la lutte anti-carcérale et contre les centres de rétention. Les cinq mis en examen le sont donc sous le régime antiterroriste pour leur proximité supposée avec cette mouvance, donc avec ce mot d'ordre ou pour leur participation à des moments de lutte contre les prisons ou les centres de rétention. Ce raisonnement permet donc que toute déclaration, tout tract ou brochure critique de l'État, du capitalisme ou de l'enfermement soit associé à cette mouvance et fait donc de son détenteur un terroriste potentiel.

Il faut bien distinguer l'objectif de cette manœuvre, elle ne va évidemment pas déboucher sur l'enfermement des millions de personnes qui critiquent l'Etat, le capitalisme ou les centres de rétention mais elle offre aux autorités un cadre judiciaire extrêmement large qui lui laisse les mains complètement libres pour réprimer et enfermer toute une partie de la contestation qui les dérange. Cela influe déjà sur les cinq mis en examen, « On a trouvé chez vous des tracts et des brochures critiques de la prison, ceci prouve donc votre appartenance à la mouvance anarcho-autonome et ceci, en tant que mouvance déclarée terroriste, justifie votre mise en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». Le procès d'intention et d'opinion joue à fond, ajoutons à ça les récentes déclarations (suivies d'actes) des flics sur leur volonté de prendre l'ADN de tout ce qui ressemble de près ou de loin pour eux à un "gauchiste" et on voit bien les réels objectifs de cette construction d'un nouvel ennemi de l'intérieur : isoler une partie des révoltés et ficher toujours plus de monde.

Pour éviter les malentendus, précisons que ces manœuvres (incarcération, fichage ADN) ne sont pas nouvelles ni propres à un milieu particulier, il y a déjà 700 000 personnes au Fichier des empreintes génétiques, et par exemple les récentes révoltes dans les quartiers ont eu pour conséquences des descentes de centaines de flics dans des cités et des incarcérations "préventives" par dizaines. Nous assistons simplement à une extension et à une intensification de ces logiques, à la création de différentes catégories d'"ennemis de l'intérieur" par l'Etat qui répond à l'accroissement des tensions sociales sur tout le territoire.

On lâchera rien, tout continue

Solidarité avec les prisonniers, avec les révoltés

mercredi 4 juin 2008

La France d'après, c'est toujours aujourd'hui



J'ai un temps imaginé que l'intervention au lycée Paul Bert (voir ici) de monsieur François Fillon, notre fort populaire premier ministre, avait pu ressembler à cela.

Il devait en effet tenir des propos éclairés sur le thème de l'addiction aux drogues plus ou moins douces en milieu scolaire.

Je me demande quelle est sa compétence en ce domaine. Pour ma part, à sa place, j'aurais refusé d'y aller: bien que j'appartienne à la génération qui a l'un des taux le plus élevé de consommateurs réguliers, je ne suis pas pratiquant. Je n'ai jamais supporté bien longtemps les ricanements à la Stéphane Bern et les éructations franglo-saxonnes qui me semblent assez coutumiers chez les fumeurs de roulées qui font rigoler en fin de soirée. Et puis, j'ai toujours prétentieusement estimé que j'avais assez de talent pour faire le con, avec ou sans drogue.

C'est peut-être aussi le cas de monsieur Fillon, qui commence ainsi son intervention:

«Madame le proviseur,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais d’abord vous dire pourquoi, avec Xavier Darcos et Rachida Dati, nous avons choisi de venir ce matin, ici, au lycée Paul-Bert. Nous allons rendre public le Plan gouvernemental de lutte contre la drogue pour la période 2008-2011. C’est la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie qui le fera connaître, et nous avons voulu illustrer ce plan à partir d’un débat dans un établissement qui a choisi déjà depuis longtemps de prendre ce problème à bras le corps.»

Je reviendrai peut-être un jour sur cette notion extrêmement féconde pour le pouvoir en place, et qui est celle de débat bidon illustratif d'un ensemble de décisions déjà arrêtées. Pour faire court, je crois qu'il y a là une réponse éclatante aux défaitistes de tout poils qui pensent que la démocratie est en panne. Non, messieurs-dames, elle progresse à grands pas vers le néant.

Je vous laisse consulter le texte complet du premier ministre, sur son site à lui (je ne vais pas lui donner mon espace, quand même), pour passer à son intervention de clôture, après le fameux "débat", où, comme d'habitude un certain nombre de personnels de l'éduknat et un certain nombre d'élèves ont dû se prendre au sérieux pendant que monsieur Fillon guettait les quelques mots clés attendus pour ficeler sa conclusion.

«D’abord, moi je voudrais vous remercier en vous disant que votre lycée n’a pas besoin de la venue du Premier ministre, du ministre de l’Education nationale et du garde des Sceaux, pour prendre des mesures et prendre conscience de l’importance du problème et réagir, puisque je vous ai dit dès le début de mon propos que si on était venu ici à Paul Bert, c’est justement parce qu’on a le sentiment que dans ce lycée, il y a un effort particulier qui a été fait. Donc, ne prenez pas notre venue comme une leçon de morale supplémentaire mais, au contraire, comme l’utilisation du dialogue qui existe dans votre établissement, comme point de départ d’une action de communication de grande ampleur que le Gouvernement veut lancer avec la Mission interministérielle de lutte contre les toxicomanies et la drogue. Donc, on part de votre exemple, du dialogue qui existe ici, des situations que vous avez évoquées, pour illustrer cet effort.»

(…)

«Je vous remercie. Je sais que je vous ai fait perdre une heure ou deux heures de cours. Mais j’espère que vous comprendrez que c’est pour que, au plan national, la campagne qu’on va conduire s’appuie sur votre expérience, et donc soit plus crédible que si elle était née, comme ça, simplement de notre imagination.»

Quel talent!

Monsieur Darcos, en son temps, avait reçu une formation en communication, monsieur Fillon en a peut-être suivi une également, mais sûrement avec le module d'approfondissement "foutage de gueule".

On peut trouver sur le site de la FCPE du lycée Paul Bert cette lettre ouverte fort lucide:

Lettre ouverte de la communauté scolaire Paul Bert à Monsieur le Premier Ministre, Monsieurle Ministre de l’Éducation et Madame la Garde des Sceaux.

Madame et Messieurs les Ministres vous n’êtes pas les bienvenus

Nous avons appris votre présence au Lycée Paul Bert (Paris XIVe) le lundi 2 juin au matin dans le cadre de la prévention des conduites à risques chez les adolescents.

Si cette action nécessite vraiment votre venue dans notre établissement, nous sommes tout d’abord étonnés de l’absence de Madame Bachelot, Ministre de la Santé, dans la mesure où dans notre conception de l'éducation, aux yeux des citoyens que nous sommes, ce problème nous paraît relever principalement de son ministère. Le décalage manifeste entre la dimension scientifique du travail entrepris au lycée Paul Bert sur l’addiction et l’opération de communication politique parachutée dans ce même établissement suscite la méfiance de l’ensemble de la communauté éducative.

Par ailleurs notre établissement accueille de nombreux élèves qui ont besoin de travailler dans un climat de sérénité. Or le fonctionnement de la cité scolaire se trouve fortement perturbé par tous les préparatifs qui entourent cet événement.

Enfin, alors que dans nos demandes quotidiennes ainsi que dans le mouvement de la communauté éducative qui se poursuit depuis plusieurs mois, nous ne cessons de demander des moyens pour lutter à la fois contre l’échec scolaire et contre ces comportements à risques, le gouvernement dont vous êtes les représentants refuse de nous entendre. Depuis des années en effet nous réclamons pour assurer la réussite de tous les élèves l’amélioration de leurs conditions d’études : plus d’encadrement tant pédagogique qu’éducatif, des équipes stables d’enseignants qui puissent se concerter et travailler dans la durée, un personnel médico-social en nombre suffisant capable de mener une politique de prévention ainsi que des moyens matériels correspondants.

Cependant, alors que la situation de notre établissement se dégrade (baisse constante des moyens, incohérence des directives….), vous nous répondez par une dotation horaire amputée, des heures supplémentaires qui alourdissent la charge de travail des enseignants, des professeurs écartelés entre plusieurs établissements et la suppression des postes de surveillants.

Attachés à une Education Nationale de qualité qui réponde aux réels besoins des élèves, nous sommes lassés des effets d’annonce et des discours de politique spectacle.

C’est pourquoi nous considérons votre venue et sa mise en scène comme une provocation, dont nous refusons d’être les complices.

Sur le même site, vous pourrez trouver également une autre lettre, adressée aux parents par les élus FCPE au Conseil d’Administration, qui décrit bien l'organisation de la rencontre…

«Le mardi 27 mai 2008, nous avons été invités par l’Administration du lycée Paul Bert à participer lundi 2 juin à un Comité d’Éducation à la Santé et à la Citoyenneté en tant que parents élus. La proviseure ne nous a informés ni de l’objet de la réunion de ce Comité ni de sa composition, mais nous a demandé de manière très informelle de lui communiquer très rapidement les noms de trois ou quatre parents «ouverts, intelligents et impliqués» ( !!! )
Sans aucune information sur le fond et la forme de cette réunion, nous avons considéré que nous n’étions pas en mesure de répondre favorablement à cette invitation.

Le jeudi soir 29 mai, nous apprenons par l’intermédiaire de nos enfants que des personnalités politiques sont conviées à la réunion du Comité prévue pour le lundi 2 juin et dans le même temps que des parents non élus et non délégués ont été sollicités pour représenter les parents d’élèves.»

Instructif, non ?



PS1: A part cela, nos médias ne donnent aucune information supplémentaire sur les suite de l'intervention des dépositaires de la violence publique à l'entrée du lycée. C'est habituel.

PS2: Dans la série, et pourquoi qu'on s'en priverait, hein, ma'ame Habot:


mardi 3 juin 2008

La France d'après, c'est aujourd'hui


Un peu plus qu'hier et bien moins que demain…


free music




Ce matin, j'ai été réveillé de ma grise torpeur normande, sous un ciel de bruine et de cafard, par un courriel tonitruant:

TAVUSSA ! NON, MÉTAVU !

Cette amicale mais impérative interjection m'enjoignait de me rendre de toute urgence sur le blog du Yéti pour y ingérer des vidéos. Ce que je fis en ingérant mon petit déjeuner et le tas de pilules et de gélules colorisées qui me permettent de ralentir la dégringolade annoncée de la cotation de mon capital-santé.


Alors, j'ai vu ça, et vous verrez on voit bien, hein!


Ces vidéos explicites ont été mises en ligne sur le site de Rue89, accompagnées d'un compte-rendu que je vous conseille d'aller lire.


Mon oreille distraite avait plus ou moins entendu passer sur les ondes la nouvelle que le très populaire monsieur Fillon avait été quelque peu "chahuté", alors qu'il devait faire dans un lycée une intervention experte sur la toxicomanie, accompagné de madame Dati et de monsieur Darcos. Je n'avais pas été plus loin… Il va falloir que je relise les notices de ma médication, je me demande si ça n'affaiblit pas les réflexes et la vigilance.


Or la vigilance est une vertu qu'il faut cultiver dans la France d'après. Par exemple il faut toujours se méfier quand un journaliste (du service public ou pas) vous dit que tout est rentré dans l'ordre après un chahut de potaches…

Car "ordre" appelle 'forces de l'ordre".


Au Salon du Livre Libertaire, j'ai aperçu un monsieur bien discret sur sa chaise, qui lui n'a certainement commis l'erreur de trouver anodin ce petit mouvement d'humeur à l'entrée d'un lycée.

C'est Maurice Rajsfus.

Document Wikipedia

Maurice Rajsfus a 14 ans en 1942 lorsque ses parents, arrêtés par des policiers français lors de la rafle du Vel’ d’hiv, sont déportés a Auschwitz, d’où ils ne reviendront pas. L'un des policiers fut un temps voisin de palier de la famille. En 1988, pour comprendre, Maurice Rajsfus tentera de l'approcher, mais le retraité l'éconduira d'un brutal: "Ça ne m'intéresse pas!"

Est-ce pour cela que Maurice Rajsfus a écrit une vingtaine d’ouvrages sur la police française, notamment sur son rôle durant l’Occupation et qu'en 1994, il a cofondé l'Observatoire des libertés publiques, qu'il préside ? Pas seulement. Maurice Rajsfus n'a rien d'un traumatisé à vie par une scène primitive, ressassant son ressentiment jusqu'à la nausée, c'est un historien sérieux, rationaliste et malicieux.

Les éditions Après la lune viennent de publier un pamphlet Portrait physique et mental du policier ordinaire que je me permets de vous conseiller pour faire connaissance avec Maurice Rajsfus. Il est articulé en 5 chapitres:

  • La morphologie du policier
  • La brutalité ordinaire
  • La personnalité du policier
  • La représentation du policier
  • Un avenir bleu marine
C'est parfaitement documenté, bien vachard comme il faut et ça console des images ci-dessus, car l'intelligence, ça console toujours… Et puis autant savoir par qui on va se faire éventuellement éclater la tronche.

Vous pouvez le commander sur le site très marrant des éditions Après la lune.

lundi 2 juin 2008

Pour se refaire une virginité

Dixit cunnus mentulæ:
Hic manebis optime.
Et mentula dixit:
Ingredior, rigredior,
Sed intra te manio.
Attribué au pseudo Panoramitain
.

free music



Malgré l'âge qui commence à me peser un peu sur la mémoire et beaucoup sur les articulations, la vie ne cesse de m'étonner et il y a des tas de choses qui me demeurent incompréhensibles, notamment chez certains de mes congénères - il s'agit bien sûr des humains du même genre que moi, c'est-à-dire vaguement masculin.

Ainsi cette histoire de virginité requise par l'époux lors de la nuit de noces…

Loin de moi l'idée de me joindre au capharnaüm d'indignations diverses et peu variées qui ont accompagné le verdict de Lille. J'ai une idée trop bien ancrée du caractère absolument contingent du droit et de la loi pour cela. Le juge ne fait que son boulot de juge: il prononce son arrêt en s'appuyant sur des textes qui, ringards ou progressistes, ne sont que des repères pour maintenir sur la voie un certain "ordre social".

Laïc, mais n'ayant pas l'habitude de bouffer un curé le matin, un imam à midi et un rabbin le soir, je ne m'arrêterai même pas au contexte religieux de la chose. Je n'ai pas regardé partout, mais d'autres ont bien dû examiner cela.

Ce qui me dépasse, c'est tout simplement qu'un de mes congénères, place son honneur d'être humain dans le fait qu'un mensonge l'ait privé de pouvoir déflorer sa promise au soir de ses noces. Quelle plus-value narcissique peut bien représenter le glorieux exploit consistant à déchirer de son gland l'hymen d'une jeune fille et à la faire saigner au moins un peu (ah c'est essentiel, le sang !) sinon de laisser une trace de soi dans la chair de l'autre, de s'y inscrire par une douleur et enfin d'y affirmer sa domination ?

Dans ce cas c'était raté.

Dans l'article de Libération de samedi, Charlotte Rotman a cette curieuse formule pour expliquer le choix d'une demande d'annulation et non de divorce: " L’union n’a pas eu lieu. L’affront est gommé. Le marié retrouve une virginité."

Ça fait rêver! C'est donc lui qui avait besoin de cet acte symbolique de la justice pour se "refaire une virginité".

Pour la jeune fille, c'est également envisageable, mais la voie juridique ne lui rendra rien… Il lui faudra recourir à une intervention chirurgicale de restauration de l'hymen, cette fragile membrane qui atteste en principe de sa virginité.
Une solution proposée sur http://www.cafepress.com/thewhitehouse.9859834



Cela peut se faire en Afrique du Nord, ou même à Paris, dans une clinique du huitième arrondissement dont j'ai trouvé la trace sur la toile, mais à laquelle je ne ferai pas de publicité.

On y pratique la chirurgie plastique féminine:
  • Nymphoplastie ou réduction des petites lèvres;
  • Hyménoplastie, ou plastie de l'hymen, ou reconstruction de l'hymen;
  • Diminution des grandes lèvres;
  • Liposuccion du pubis;
  • Lifting du pubis et de la vulve avec liposuccion;
  • Rajeunissement vaginal (rétrécissement du vagin);
  • Augmentation des grandes lèvres génitales (lipofilling ou injection de graisse ou lipostructure);
  • Traitement du vaginisme et des dispareunies pas injection de toxine botulique dans les muscles du vagin;
  • Correction des cicatrices (épisiotomie, séquelles diverses...);
  • Reconstruction du clitoris (réparation après excision).

La clinique propose aussi des interventions pour les messieurs, la circoncision et l'augmentation du volume du pénis, mais, curieusement, pas la réduction dudit volume dudit pénis.

Cette clinique me semble offrir toutes les garanties de sérieux scientifique puisqu'elle propose également une intervention visant à l'amplification du point G (point de Gräfenberg), réalisée en ambulatoire. On nous avertit que "les résultats publiés sont excellents, avec un indice de satisfaction de plus de 80 %. L'effet dure entre cinq et huit mois," sans nous donner les références de la publication.

Je n'ai pas réussi à arriver à la page des tarifs, qui est "en construction"…

Je n'ai pas réussi non plus à obtenir le catalogue des hymens reconstitués, c'est dommage car je pense que l'on devrait pouvoir choisir. On trouve à cet endroit un inventaire illustré des formes observables (mes plus jeunes lecteurs pourront s'y reporter avec profit):

  • Hymen annulaire en forme d'une membrane percée d'un trou ;
  • Hymen semi-lunaire ou falciforme (en forme d'une faux) car le trou situé dans son pôle antérieur lui donne la forme d'un croissant à concavité antérieure ;
  • Hymen labié avec un trou en forme de fente longitudinale anétro-postérieure ;
  • Hymen cribriforme qui présente plusieurs petits trous ;
  • Hymen lobé avec un trou formé de plusieurs lobes ou échancrures congénitales ;
  • Hymen frangé avec un trou à bords sinueux et festonnés par des encoches congénitales ;
  • Hymen à languette ou pendentif;
  • Hymen à pont ou à bride;
  • Hymen en carène un peu scléreux et qui résiste à la pénétration.

Je pense que je vais proposer à la clinique sus-mentionnée de prévoir des hymens troués selon les couleurs du jeu de cartes, trèfle, carreau, cœur et pique, pour les parties de strip-poker avec prolongations.

vendredi 30 mai 2008

Salon du Livre Libertaire

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Juste une très brève pour rappeler la tenue du Salon du Livre Libertaire ce samedi de 10h à 20h, et ce dimanche de 10h à 16h, en l'espace d'animations des Blancs-Manteaux, au 48 de la rue Vieille-du-Temple (Paris quatrième, Métro Hôtel de Ville).


La notion de "programme" de ce salon a donné lieu à une polémique malintentionnée de la part d'une blogueuse estimée (que l'on avait connue de meilleures foi et humeur), aussi ne reviendrai-je point sur ce point.

Cependant, je tiens à confirmer ma présence sur les lieux. Bien que, à la suite d'un accord commun entre mon éditeur et mon médecin habituel, la parution de mes Aphorismes Posthumes ait été reportée sine die, je me ferai un plaisir de signer pour tou(te)s les admirateurs/trices présent(e)s un bon pour valoir ce que de droit, leur permettant d'obtenir un exemplaire dédicacé de mon ouvrage, et ce, le jour venu, dès la sortie du Père Lachaise.

jeudi 29 mai 2008

Le retour du plombier

"La plomberie mène à tout, à condition de sortir un tube..."
Joe Cocker, Entretien inédit.



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Monsieur Sarkozy, qui semble confondre la présidence européenne avec un nouveau terrain de jeux tout neuf où imposer ses lubies trépignantes, vient d'annoncer son intention de faire une importation massive de plombiers polonais en état de fonctionnement.

Je n'ai pas de tuyaux particuliers sur l'état de la plomberie hexagonale, mais ma légendaire et atavique prudence me fait craindre un engorgement rapide des canaux d'emploi dans cette belle profession.

Nos naïfs plombiers, piégés par les belles promesses sarkostiques risquent de se voir proposer des emplois de réadaptation: par exemple dans la gastroentérologie, ou la chirurgie viscérale, domaines où la France manque cruellement de spécialistes... De tout façon, ils n'auront pas à se plaindre: ils garderons les mains dedans.



PS1: A la suite d'un regain, sous forme aigüe, de ma feignasserie chronique, j'ai omis de vous parler du petit déjeuner au Livarot de madame Sarkozy-Bruni... J'ai failli "culpabiliser grave", mais j'ai pu entendre que le très estimé Didier Porte, la caution de gauche de la gauche du monarchiste tendance ridicule Stéphane Bern, avait très bien fait cela... sur France inter, hier.

Je me réserve de faire un billet lorsque le couple Sarkozy se verra offrir un petit déjeuner aux tripous aveyronnais... ce qui ne saurait tarder.

PS2: Je suis obligé de faire court, mais c'est pour vous laisser le temps de lire les quatre billets de Françoise.

lundi 26 mai 2008

Robuste constitution

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."
Article 35 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen,
préambule de la Constitution de l'an I (1793).



Pour une fois, on a gagné quelque chose!

Je veux bien sûr parler de la Palme d'Or du festival de Cannes qu'on attendait depuis 21 ans.

Pour arroser ça, je vous offre un petit florilège musical sur notre hymne national.

J'ai évité de vous mettre la version pour malentendants de Mireille Matthieu et la version pour malembouchés de Michel Sardou, mais j'ai trouvé celle du célèbre XV de France qui décape pas mal non plus.

Je regrette beaucoup de ne pas avoir trouvé sur la toile, qui est un peu trouée par endroits, un florilège des interprétations de la Marseillaise par nos hommes et femmes politiques. Les plus âgés parmi nous se souviennent avec beaucoup d'émotion, qui n'a rien de patriotique, des versions de Raymond Barre ou de Valéry Giscard d'Estaing… Pas de traces. Dommage!

Sic transit gloria mundi.

Et ploum ploum tra lala.

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Je ne sais pas si la Constitution de la Cinquième République dit que la Marseillaise est bien notre hymne national, et j'ai décidé que cela me laissait indifférent… Dans le cas contraire, je pourrais toujours consulter ce site de l'Université de Perpignan, où se trouvent réunis les textes des constitutions françaises.

De toute façon, je crains que cette interrogation ne soit d'une extrême futilité face aux projets de "réforme" de la Constitution, sur lesquels le peuple français ne sera pas appelé à se prononcer.

Seuls en effet les parlementaires et les sénateurs feront à nouveau le voyage à Versailles (mais qu'y a-t-il à Versailles qui les attire à ce point ?) pour épargner au bon peuple le souci de réfléchir à l'encadrement constitutionnel des pouvoirs dans notre démocratie modèle. Grande économie de paracétamol et d'aspirine! Champagne à la Sécu!

Si malgré cela vous voulez réfléchir un peu à ce qui se prépare, ne perdez pas votre temps à me lire, mais allez plutôt sur le blog Republicæ , lire les billets intitulés Changement de régime et postés par Françoise aux-talents-innombrables (elle mérite bien cette épithète homérique!) A son talent d'illustratrice (certains dessins valent un long billet), Françoise réunit l'art de décortiquer un article de presse (ici un entretien avec Marie-Anne Cohendet, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris I, paru dans le Contre-Journal) , d'y accoler des références pertinentes qu'elle semble seule à pouvoir trouver sur la toile et d'y joindre, parfois avec beaucoup de malice, des citations qui éclairent les convergences ou contradictions.

Elle nous promet quatre billets… Les trois premiers sont disponibles en passant par votre fournisseur d'accès habituel…

Bonne lecture.