lundi 8 novembre 2010

Retour à la normale (suite)

Au retour d'un ouiquende consacré à la marche à pied revendicative, j'ai eu le plaisir, en mettant à sécher mes escarpins devant la grille de la cheminée, de trouver dans ma boîtàmèl un courriel accompagné d'une image:

Merci à Christophe qui l'a débusquée.

C'est certainement l'affiche à laquelle je faisais allusion dans le billet du 4 novembre, bien que ma mémoire n'ait pas enregistré le texte avec beaucoup de précision.

Cependant, la marque du PSU (Parti Socialiste Unifié) m'a fait douter un instant, me poussant à me demander si cette affiche remontait bien à cette époque, où l'activité du PSU ne m'avait pas semblé si considérable.

Cette interrogation m'a conduit sur le blogue de Guy Philippon, militant vert du 20e arrondissement de Paris, qui donne, dans son billet du 4 mai 2007, une autre reproduction de l'affiche. Elle figure parmi d'autres, de la même période, qui ont été produites par le "célèbre Atelier des Beaux Arts". Il rappelle que ces affiches "étaient tellement percutantes que le le pouvoir ferma l'école" et m'apprend qu'alors "les artistes se replièrent au siège national du PSU rue Borromée, dans une grande salle proche du bureau [du] secrétaire national Michel Rocard".

Quelques affiches du blogue de Guy Philippon.

Pour le plaisir, voici la dernière du panneau, qui a, elle aussi un petit air d'actualité, agrémenté des variations colorées de la sérigraphie :

vendredi 5 novembre 2010

Les œufs de la discorde

"Tous ensemble, tous ensemble, ouais !"
Comptine syndicale.

Les éleveurs de poules et producteurs d'œufs ont peut-être été les grands bénéficiaires de la mobilisation contre la réforme des retraites, mais je doute que l'on ne nous communique le montant des profits réalisés. Comparé aux promesses de contrats chinois, cela serait sans doute trop faible.

C'est joli comme ça, un peu brouillés dans le lointain.

Le lancer d'œufs, frais ou colorés, a connu un regain de popularité un peu partout en France, et notamment dans la très sage ville de Rouen. Les bénéficiaires de ces jets peu meurtriers ont été, le plus souvent, les agences des banques, les bâtiments du Medef, les sièges de journaux, et les forces de l'ordre qui entendaient s'interposer. Il m'est arrivé d'assister à des tirs groupés parfaitement réussis, surtout le long de la rue Jeanne d'Arc. Je dois avouer en avoir éprouvé un sentiment de satisfaction d'une quiète étrangeté, sentiment qu'il me faudra analyser plus avant lorsque j'écrirai mes mémoires - vieux projet repoussé sine die.

On pourrait sans doute gloser à perte de vue et sans conclusion bien nette, pratique courante connue sous le nom de "débat", sur la signification profonde de ce geste maculatoire... Mais peut-être ne faut-il y voir, tout simplement, que l'expression d'une volonté de réappropriation, sur un mode carnavalesque, de cet espace public qu'est la rue.

Le carnaval, on le sait, n'est admis par les gens sérieux qu'à la condition d'être autorisé, institutionnalisé, et soigneusement encadré, autrement dit qu'à la condition de n'être plus carnaval. Aussi a-t-il été diversement accueilli dans les cortèges, souvent applaudi par les participants, et parfois mis à l'écart par les organisateurs.

Il semble qu'à Rouen, dans un souci de respectabilité, une grande confédération syndicale ait quasiment assimilé les lanceurs d'œufs rigolards à des "casseurs", s'interrogeant fort sérieusement sur les diverses manières de les contenir, de les exclure ou, plus simplement, de leur casser la figure.

Ce cassage de "casseurs" fut tenté à la fin de la manifestation du 28 octobre. En rendant compte de cette "manif pépère", j'avais bien pudiquement signalé "quelques frictions avec le service d'ordre de la CGT". Je n'avais pas assisté à la scène, et je m'intéressais davantage aux opérations policières qui ont suivi la dispersion.

Il apparait maintenant que, loin d'être une banale altercation ayant mal tourné, cette action avait été programmée par quelques responsables locaux fort soucieux, probablement, de leur respectabilité.

On a ainsi pu voir des gens qui, la veille, tous ensemble et sur la même ligne, faisaient reculer les CRS en faction au terminal Rubis, échanger des gnons.

Pourquoi en parler maintenant ?

Bah, je me sens un peu grognon, et ça me soulage.

Comme me soulagerait un lancer de tarte meringuée sur une respectable tronche syndicale...

Existe en plusieurs dimensions,
pour respecter la hiérarchie.
(Emprunté au site de la maison Auriat,
à Laguiole, dans l'Aveyron.)

jeudi 4 novembre 2010

Le retour à la normale

Il est possible que je l'ai rêvée, tant le souvenir que j'en garde demeure imprécis.

Cette affiche, qui marquait le retour du carburant dans les pompes après les "événements" de 1968, représentait, il me semble, un automobiliste accroché à son volant, et portait comme légende "Tais-toi et roule" ou "Roule et ferme ta gueule".

Je ne l'ai pas retrouvée sur les sites qui reproduisent les images les plus connues. Quant aux ouvrages qui ont fleuri durant ces quarante dernières années, avec diverses préfaces de renégats, je n'en possède aucun, ayant décidé de n'engraisser aucun éditeur publiant pour son compte ce qui a été fait par tous et pour tous.

Affiche de la même période.

Aujourd'hui, selon ce que j'ai entendu annoncer par un interchangeable gouvernemental ou patronal, la situation devrait être redevenue "normale".

Il suffit d'attendre un peu et cela devrait faire les gros titres de la presse en ligne...

Car on ne saurait manquer de célébrer la grande victoire du droit démocratique et républicain, imprescriptible mais non constitutionnel, de rouler en bagnole, sur le droit de grève qui est inscrit, je crois, dans la Constitution, mais peut s'accommoder de certains aménagements autoritaires en cas d'urgence.

Il y a en gros une semaine qu'a pris fin, assez brusquement, la grève quasi généralisée du secteur pétrolier. Les annonces de reprise du travail ont été faites sur un tel ton d'évidence dans les médias qu'on peut en arriver à se demander, comme Lucky, dans son blogue de lemonde.fr, le "pourquoi" de cette "étrange défaite de la grève des raffineries". Les douze questions qui sont posées dans ce billet sont de pertinence variable, et quelques unes semblent assez paranoïdes. Mais beaucoup d'entre elles viennent à l'esprit, et restent sans réponse, comme toujours devant une occasion ratée.

A la veille de la mise en place du "plan Toussaint", monsieur Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie et de l'Energie, déclarait:

"On est passé à deux doigts d'une absolue catastrophe économique et d'un désagrément pour nos concitoyens d'une rare intensité."

Monsieur Borloo manie l'hyperbole et l'euphémisme avec une grande virtuosité. Il nous oblige à imaginer "une absolue catastrophe" dont l'effet n'aurait été qu'un "désagrément", mais il admet le sérieux de la menace que cette grève faisait peser sur l'économie. Et il confirme ainsi que le blocage pétrolier était bien une arme redoutée qui n'a pas été utilisée pour peser dans cette séquence conflictuelle de ce qu'on appelle, parfois ironiquement, le "dialogue social".

Mais l'expression "séquence conflictuelle" me paraît soudain, elle aussi, bien ironique, tant il me semble que les dirigeants des grandes centrales syndicales ont été soucieux de ménager l'avenir de notre économie. Pendant que leurs encartés scandent à l'unisson, dans les cortèges, que "ça-va-pé-ter", ils ont donné l'impression, un peu nauséeuse, je dois dire, de tout faire pour que rien ne pète, comme si leur responsabilité exigeait qu'ils préservent non seulement les outils de production, mais aussi la structure capitaliste avancée de cette production.

Souvenir lointain d'une autre tradition...

Ce samedi, dans le cadre du retour à un dialogue social détendu, nous défilerons à nouveau devant les compteurs contradictoires des organisateurs et de la préfecture...

La date fixée pour cette huitième journée de mobilisation contre la réforme des retraites avait été précédemment choisie pour être celle de la mobilisation nationale pour la défense du droit à l'avortement. Ce rassemblement est maintenu, à 14 h, place d'Italie pour les parisiens, et le cortège rejoindra la manif-retraites aux abords de la Bastille.

Il n'est pas impossible que je m'arrête à Bastille.

mercredi 3 novembre 2010

Dans la salle d'attente

Dès l'entrée dans la salle d'attente de mon orthophoniste, mon regard fut littéralement happé par le magnétisme irradié par cette jeune femme à la chevelure noire comme le jais. Elle leva à peine les yeux du roman de la série Harlequin qu'elle lisait attentivement pour me regarder m'installer à ses côtés, sur le seul siège encore disponible, et repris bien vite sa lecture, de temps à autre interrompue par le babil d'une gracieuse enfant qui s'accrochait à ses cuissardes en cuir de chameau retourné.

Je dépliai le rarissime numéro double zéro de la revue Article XI, que j'avais réussi à me procurer au prix de vilenies sans nom en allant faire une grève de la faim, et de la soif, devant les bureaux du journal. Mais l'adorable bambinette entreprit résolument de le transformer en chiffon de papier... Pour faire diversion, je tentai d'engager avec elle une aimable conversation, entre papy gâteux et papy gâteau. Je lui dis, en zézayant plus que jamais, qu'elle était fort zolie et tout à fait sarmante, et je lui demandai ce que, elle, elle n'arrivait pas à bien prononcer. Elle me répondit: "C'est ma maman."

Celle-ci me confirma qu'elle venait consulter pour un léger défaut d'articulation, récemment révélé, qui l'empêchait de prononcer un groupe consonne-suivie-de-"l" sans insérer un "e" plus ou moins accentué entre la consonne et le "l". Elle m'en donna un exemple, tiré de la savante chronique économique mitonnée par Lémi pour le numéro double zéro. Je dois dire que sa lecture du mot "inflation" me mit dans un certain embarras, qui s'accrut encore, je ne sais pourquoi, lorsqu'elle conclut avec un sourire révélant une éclatante dentition.

Pour masquer ma confusion, je tirai de mon sac un formulaire d'abonnement à la version papier d'Article XI (*), mais elle ne fit qu'y jeter un regard très sombre, me disant qu'il n'était pas question pour elle de s'abonner à un journal cochon, même pour 13 euros par an (six numéros garants).

Ne faites pas comme elle, abonnez-vous...


(*) On m'a souvent demandé quelle était la marche à suivre pour souscrire un abonnement à cette revue dont tout le monde, et surtout moi, parle.

Alors, pour la dernière fois, après je ne répèterai plus:

1- Vous téléchargez le formulaire d'abonnement sur le site du journal.

2- Vous imprimez ledit formulaire, et le complétez soigneusement.

3- Vous établissez, tout aussi soigneusement, sinon plus, un chèque de 13 euros, ou plus.

4- Vous expédiez le tout à l'adresse suivante:

Article 11
3, allée Gambetta
92 110 Clichy

5- Vous attendez.


PS: La photo illustrant ce billet est l'œuvre du grand portraitiste Olivier Roller.

mardi 2 novembre 2010

Un entretien interrompu

Pour les besoins d'une enquête que je mène actuellement sur les structures élémentaires de la parenté en banlieue ouest, j'ai été obligé d'utiliser les services d'un "fixeur". Cet élégant jeune homme m'a été recommandé comme un bon connaisseur du neuf-deux par la boulangère de Trifouillis-en-Normandie qui lui accorde toute sa confiance.

Il m'avait donné rendez-vous sur les Champs, dans un endroit plutôt sélect. Il m'embarqua aussitôt dans un véhicule décapotable, garé en triple file, et j'arrivai sur place légèrement décoiffé.

C'est madame Liliane B. elle-même qui nous accueillit à l'entrée du modeste F 64 qu'elle occupe dans une barre de logements HLM (Habitations à Loyer Majoré) à Neuilly-sur-Seine. Avant de nous laisser entrer, elle nous fixa d'un œil noir et furibard en nous demandant si nous avions informé sa fille de notre visite. Nous niâmes vigoureusement, sachant, comme tout le monde, que les désaccords entre la mère et la fille étaient devenus, dans leur quartier, une sorte d'affaire d'état.

Mon interlocutrice s'opposa farouchement à ce que l'entretien soit enregistré, au prétexte qu'il y avait suffisamment d'enregistrements qui circulaient. Plus, elle m'arracha littéralement des mains les feuilles que je sortis alors de ma poche pour prendre au moins quelques notes.

Je n'avais sur moi qu'une liasse de formulaires d'abonnement à la prestigieuse revue que sera, je n'en doute pas, Article XI.(*)

Cela ne pouvait lui échapper, et il fallut satisfaire sa curiosité concernant cet audacieux projet journalistique. Elle prit alors un air inquiet:

"Et elle ? Elle est abonnée ?"

Je lui assurai que non, qu'il n'en était pas question, que le service diffusion refuserait son abonnement à "elle", etc.

Ravie, elle annonça qu'elle allait abonner tous les habitants de l'immeuble. Ce qui, vu les dimensions pharaoniques de la barre HLM, représentait une belle somme...

Comme toutes les vieilles dames qui n'ont jamais les bonnes lunettes sur le nez, elle me demanda de remplir le chèque, ce que je fis scrupuleusement. Elle le signa à tâtons, puis l'examina en le tenant à bout de bras. Prenant un air mutin, elle y ajouta plusieurs zéros en forme de tête à Toto, puis elle me le confia en me disant:

"Si on m'abuse, c'est que je me laisse abuser, tant mieux pour moi."

Là-dessus, comme si elle oubliait le but de notre visite, elle nous congédia avec beaucoup de savoir faire.

Mon entretien était à l'eau.

J'empochai le chèque, conscient de n'avoir tout de même pas tout perdu. A la banque, où je l'ai déposé immédiatement, on m'a assuré que l'on tiendrait le plus grand compte des ultimes corrections: la générosité de la dame y est bien connue.



(*) Je ne sais plus si je vous ai déjà indiqué que pour vous abonner pour un an à ce superbe bibibihebdomadaire, il vous en coûtera 13 euros (pour les six numéros). Le formulaire d'abonnement est disponible en téléchargement sur le site du journal. Il vous suffit de l'imprimer, de le remplir et de l'envoyer, accompagné de votre chèque, à l'adresse suivante:

Article 11
3, allée Gambetta
92 110 Clichy

Il est préférable, toutefois, d'éviter une expédition via Athènes.

lundi 1 novembre 2010

Un exemple à ne pas suivre

Samedi soir, j'étais invité ès qualités, mais je ne sais pas lesquelles, au grand bal annuel de notre équipe seniors de foutebole. L'équipe, "les morts-vivants de Trifouillis", est constituée d'authentiques vieillards qui sèment la terreur sur tous les terrains du canton. Elle joue en treizième division, ce qui est honorable mais assez peu satisfaisant.

Aussi avons-nous engagé un nouvel entraîneur, de réputation internationale, sinon internationaliste, monsieur Daniel C.-B., et nous avons profité de la fête de samedi pour l'accueillir le plus dignement possible.

L'ayant maintes fois croisé du côté de la buvette, je le crus assez mûr pour lui proposer un formulaire d'abonnement pour un an, six numéros très beaux, et pour pas cher, 13 euros, au luxueux magazine que s'apprêtent à sortir les valeureux grands buveurs d'Article XI. J'avais imprimé un formulaire d'abonnement, préalablement téléchargé sur le site du futur journal. Il lui aurait suffi de le remplir, de signer un chèque, et je me serais chargé d'expédier le tout, dûment affranchi, à l'adresse suivante:

Article 11
3, allée Gambetta
92 110 Clichy

Se méprenant sans doute sur le "onze" du titre, il m'interrompit avec véhémence:

"Alors là, mon pote, je t'arrête. Parce que faut arrêter avec ça. Tu comprends. Faut arrêter de foutre en l'air la forêt européenne avec ces petits fanzines de fousseballe..."

Et je le vis disparaître en se dandinant dans une effrénée danse des canards.

Tableaux d'un homme traqué

Lorsque vous arriverez au second étage de l'exposition, il vous faudra croiser, sur le palier, le regard d'un homme, coiffé d'un feutre, qui se tient debout devant de hauts murs tristes et sales. C'est un regard qui se détourne un peu du vôtre, mais qui contient tant de détresse, de crainte, d'angoisse, de peur, qu'il vous immobilisera. De la main droite, l'homme tient relevé le revers de son col, et il révèle l'étoile jaune qui semble comme peinte à même l'étoffe de son manteau. Son autre main tend vers vous un passeport, barré en lettres rouges de la mention "JUIF-JOOD", qui porte le nom de l'auteur du tableau: Felix Nussbaum.

Felix Nussbaum, Selbstbildnis mit Judenpaß, 1943.

La palette de cet Autoportrait au passeport juif est sombre, et sa lumière est rare.

Pourtant, par delà les murs qui semblent enserrer l'homme traqué, se dessine une bien timide et incertaine trouée lumineuse. Là, le ciel plombé de nuages gris s'éclaire de la blancheur neigeuse d'un rameau en fleur, irréelle comme un espoir qui ne veut pas mourir. On ne sait si cette branche fleurie a été épargnée au pied de l'arbre qui l'on voit tout proche ériger un tronc nu sévèrement ébranché.

Le peintre a repris là le motif d'un petit tableau, Gefängnishof (Cour de prison) qu'il a peint en 1942, au dos d'un paysage des environs de Rome datant du début des années 1930.

A partir d'une idée plutôt anecdotique, et d'une grande simplicité - un homme, grimpé très haut sur un arbre ébranché, y attache une corde descendant jusqu'au sol -, Felix Nussbaum donne une image forte du désespoir, qui pourrait bien vous hanter longtemps.

Felix Nussbaum, Gefängnishof, 1942.

Le 20 juin 1944, Felix Nussbaum a été arrêté à Bruxelles, sur dénonciation, puis, le 21 juillet, déporté vers Auschwitz, où il est mort.

Durant les dernières années de sa vie, son ultime espoir semble avoir été que sa peinture ne soit pas oubliée:

"Si je meurs, ne laissez pas mes peintures me suivre, mais montrez-les aux hommes !"

Il a fallu attendre les années 1970 pour qu'on redécouvre ses dessins et tableaux. La plupart d’entre eux sont maintenant conservés au musée que lui a consacré sa ville natale, Osnabrück, en Basse-Saxe. Du site de ce musée, vous pouvez accéder au catalogue raisonné des œuvres de Felix Nussbaum.

Un bon moyen de compléter la visite de l'exposition du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme.



PS: Les images des deux tableaux ont été empruntées au catalogue raisonné en ligne.