mardi 1 septembre 2009

Des signes de reprise

"Nous pensons réellement que la reprise est en vue et qu'elle sera peut-être un peu meilleure que nous ne le pensions auparavant; nous nous attendons toutefois à une reprise plutôt timide."

Voilà ce qu'aurait déclaré, le 27 août dernier, madame Caroline Atkinson, directrice des relations externes du FMI, au cours d'une conférence de presse à Washington.

Bien qu'assez affecté du fait que la nouvelle ait ainsi "fuité", je me dois de confirmer la rumeur propagée par madame Atkinson, l'agence Reuters et le NouvelObs.com qui l'a relayée:

Oui, la reprise de l'Escalier qui bibliothèque est proche et pourrait être plus solide qu'on ne le pensait.

Le "point de reprise", illustré par cette broderie,
est irremplaçable pour repriser solidement.

Quant à la déclaration complémentaire selon laquelle "il est très important de souligner que l'heure n'est pas à l'autosatisfaction", je laisse madame Atkinson, à qui je n'ai rien demandé, en assumer l'entière responsabilité.

Pour ma part, voyez-vous, je suis plutôt autosatisfait de mon repos relatif et je m'en autocongratule.

J'espère bien que monsieur Dominique Strauss-Kahn, qui n'est pas homme à bouder ses plaisirs, s'en autofélicitera dans le discours qu'il prononcera le 4 septembre à Berlin, à l'attention des ministres des Finances du Groupe des Vingt qui vont se réunir à Londres les 4 et 5 septembre, probablement pour une grippe party.

Pourquoi monsieur Dominique Strauss-Kahn reste-t-il à Berlin ? Cela m'intrigue beaucoup.

Déjà un mystère...

jeudi 30 juillet 2009

Vers un repos relatif

Comme vous savez que je n'ai pas besoin de simuler un misérable petit malaise pour pouvoir tirer ma flemme, je pense que je peux vous le dire tout net: je n'ai aucune raison de prendre un repos relatif, mais je vais le faire.

Ce blogue restera donc en veilleuse pendant que je me retirerai dans ma "Lanterne".

Ma retraite à la campagne.

Mes lumières manqueront donc cruellement à la blogosphère.

Pour me faire pardonner, j'ai ajouté à ma liste de voisins quelques blogues que j'ai pris l'habitude de visiter, très irrégulièrement certes, mais toujours avec plaisir.

A bientôt...

mardi 28 juillet 2009

Un centenaire encore des nôtres

You never know what is enough
unless you know what is more than enough
William Blake. Proverbe of Hell.


Si, comme le prétend un adage d'ivrogne, l'alcool conservait vraiment, Malcolm Lowry aurait aujourd'hui cent ans.

De manière plutôt discrète, deux honorables assemblées littéraires auront bu à sa santé: lors de la deuxième édition des Rencontres de Fontevraud, les 26 et 27 juin dernier, et lors du colloque de l'université UBC de Vancouver, du 23 au 25 juillet.

La Malcolm Lowry Walk, à Roche Point, Vancouver.

En attendant de pouvoir lire un jour quelques unes des savantes communications de ces réunions, je me suis contenté d'exhumer de ma bibliothèque le volume d'études publié en 1960 aux Lettres Nouvelles. On peut y trouver un texte de Clarisse Francillon, intitulé Malcolm, mon ami. Elle y évoque en son début le séjour que fit Lowry à Paris, à l'occasion de la traduction d'Under the Volcano qui fut entreprise par Stephen Spriel (Michel Pilotin) et elle-même:

Au cours de l'année 1948, les habitants des petites rues qui avoisinent la place Saint-Germain-des-Prés pouvaient voir passer une étrange silhouette : Lowry marchait toujours du même pas régulier; très lent; il allait, sans paraître rien regarder, ni personne, comme en songe. Le pardessus raglan assez fatigué, couleur de mousse et de muraille, s'ouvrait sur un veston de tweed, un large pantalon. Les prunelles d'un bleu de grotte sous-marine, les bras courts, presque d'un enfant, la main ronde, on remarquait tout cela ensuite.

Paris ne l'intéressait pas. Jamais, pendant tout son séjour, je ne l'ai vu lever les yeux vers quelque chapiteau, interroger une archivolte, les cannelures d'une pierre. Un soir qu'ensemble nous suivions la rue de Babylone, il s'arrêta longuement afin de contempler une frénétique chevauchée de nuages parmi les étoiles de l'hiver. Ce fut tout. Une fois, deux peut-être, il éprouva l'envie d'aller au cinéma; nous vîmes Monsieur Verdoux et, je crois bien, le Diable boiteux, une fort médiocre bande. L'affiche des Raisins de la colère requit son attention, il en avait admiré autrefois les séquences du début. Mais nous n'arrivâmes jamais jusqu'à la salle où l'on projetait le film de John Ford. Dans les villes, les relais de l'alcool sont innombrables.

Le soleil, les arbres, il ne savait plus apprécier ces choses. Chez l'amie anglaise qui les reçut, sa femme et lui, il dédaigna toujours le jardin, aux pelouses si soigneusement peignées, les plates-bandes fleuries de pieds-d'alouette; il ne regardait pas la fenêtre. Que ce fût dans cette maison-là ou dans la mienne, le rite était le même. Après son opaque sommeil, qui se prolongeait jusqu'à une heure avancée du matin, il enfilait impatiemment, fiévreusement, son chandail de laine grise à col roulé, son unique souci étant de. gagner la cuisine au plus vite. Les tremblements nerveux qui secouaient ses membres ne se calmaient qu'une fois absorbés les premiers verres de vin rouge coupé d'eau. On lui préparait cette boisson dans une petite carafe dont le bouchon, heurtant le goulot, rythmait toute une partie de la journée. Dans nos esprits inquiets, ce tintement prenait des proportions démesurées, il s'enflait, il devenait celui d'une sonnette d'alarme, d'une cloche de navire errant parmi les brumes. Cela durait jusqu'au moment où, effectivement, Lowry disparaissait, et quoi que nous puissions dire ou faire, nous échappait.

Il choisissait de préférence les petits bistrots obscurs, en retrait des voies passagères, peu fréquentés, sinon par quelques ouvriers vêtus de salopettes, musette à l'épaule. Rue Jacob, rue Gozlin, rue des Ciseaux, rue de l'Amiral-Mouchez... Presque toujours, il restait debout au comptoir, des heures durant, commandant des rhums, des fines, des demis, ou encore de ce gros rouge que, pourtant, il jugeait exécrable. Il buvait sans hâte, rêveusement, offrant parfois un verre au consommateur qui se trouvait à côté de lui par hasard, quelque membre immédiatement repéré de ce qu'il nommait la Grande Confrérie de l'Alcool. En un français point trop sûr, il lui arrivait de prendre part à un lambeau de conversation, ou bien il captait une plaisanterie, un bout d'histoire qui l'intéressait. A la patronne du Perroquet, dont l'enseigne se découpait non loin du Parc Montsouris, qui lui paraissait particulièrement accessible et compatissante, il exposa un soir les difficultés inhérentes à la traduction de la préposition under. Sous, au-dessous, en dessous ? La patronne donna son avis, gravement.

De ses mains qui recommençaient à trembler, comment parvenait-il à sortir des poches du raglan quelques coupures froissées, à les déposer sur le zinc ? Puis il s'en allait, se laissant emmener par l'un de nous, à moins que les propriétaires ne dussent le mettre à la porte, car souvent, c'était l'heure où déjà l'on balayait le carrelage, où les chaises commençaient à s'empiler sur les tables. Dans la rue, il arrivait qu'il nous déclarât tout à coup : " Attendez-moi cinq minutes, je reviens... " Il ne revenait plus. On le cherchait, on l'apercevait à travers la vitre embuée d'un bar des environs avec, sur son visage, je ne sais quelle expression d'allégresse, de délivrance.

(On peut trouver ce texte, ainsi que quelques autres du même volume, sur dh3rm3.aikotoba.org)

Clarisse Francillon ne nous dit pas quelle était la préférence de la patronne du Perroquet, mais la traduction prévue parut en 1950 sous le titre Au-dessous du volcan.

Comme on dit que les pochetrons sont toujours entre deux vins, je suis toujours entre deux relectures d'Au-dessous du volcan, et chaque relecture est lecture nouvelle: je trace un sentier toujours différent dans la forêt de thèmes, images, symboles, allusions, citations, références, comme le fait chaque lecteur.

Comme le fait chaque auditeur du Requiem pour un jeune poète de Bernd-Aloïs Zimmermann.



Bernd-Alois Zimmermann : Requiem für einen jungen Dichter (1969). Dona Nobis Pacem.

lundi 27 juillet 2009

Un avis de spécialiste

Il y a bien des gens qui ne vont pas jusqu'au bout de leurs passions. J'en connais qui commencent un jogging à petites foulées et le terminent en hélicoptère...

Ce n'est pas le cas de monsieur Patrick Balkany: il préfère le cigare au jogging, et l'on sait qu'il est homme à aller au bout de ses fantasmes.

Il vient de nous montrer avec éclat que s'il avait commencé des études de médecine, il serait maintenant un grand spécialiste, capable de nous donner un avis éclairé et éclairant sur le "malaise" qui a affecté ce dimanche la santé de monsieur Nicolas Sarkozy.

On peut en juger aux quelques propos qu'il a tenus à la radio.

Et malgré le nombre impressionnant de spécialistes du "malaise vagal" qui se sont exprimés en vingt-quatre heures, il faut admettre que c'est sa voix qui a dominé cette foire d'empoigne de l'information médicale.

Certes, il a commis un léger faux pas en voulant nous rassurer sur l'état de santé de notre président en lançant son fameux "Il va bien, il a faim, il râle, donc tout va bien." Car c'est justement ce que l'on dit lorsque le papy, arrivé à la dernière extrémité, est tellement tuyauté de partout qu'il ressemble à une réduction un peu fondue du Centre Beaubourg. On ajoute souvent: "Il pince les fesses des infirmières", ce que monsieur Balkany, de manière étonnante de sa part, a oublié.

Sur le malaise lui-même, son diagnostic est péremptoire: "Il a eu - ce que je connais très bien - un malaise vagal, c'est-à-dire une baisse subite de tension, et vous tombez dans les pommes". Peu importe si un malaise vagal n'est pas exactement ce que dit le bon docteur Balkany et si le communiqué final de l'Elysée ne va pas du tout dans ce sens, être un proche du président permet de dire n'importe quoi.

Et même d'aller plus loin:

"C'est à la suite de la fatigue, des efforts, de son régime, etc. J'ai été surpris et inquiet quand j'ai appris qu'il a fait un malaise. On a été vite rassuré sur son état de santé après les premiers examens. Il faut qu'il fasse attention, qu'il fasse peut-être moins d'efforts et qu'il se nourrisse un peu plus (...) Il suit un régime parce qu'il se trouve toujours un peu trop... Il ne veut pas de surcharge pondérale... Je vous ferai remarquer que ces derniers temps, il était particulièrement affûté (...) J'espère pour lui que ça sera une alerte salutaire pour qu'il modère ses efforts"

Les gazettes, pas toujours bien intentionnées, voient déjà dans ces propos une pointe dirigée contre les habitudes alimentaires quelque peu anorexiques d'une ancienne top model...

Monsieur le professeur Balkany à l'entrée de la salle d'opération,
accompagné de son assistante préférée.

A ma connaissance, le professeur Bernard Debré n'a pas été interrogé sur le malaise versaillais de monsieur Nicolas Sarkozy.

On peut le regretter car, après ses déclarations sur la "grippette" A-H1-N1 qui s'annonce, il aurait pu nous faire un bon vieux numéro de franc-parler médical:

"Pfff... Un malaise de chochotte qui a ses vapeurs. Une bonne claque sur le beignet, un seau d'eau froide sur la tronche, un coup de pied au cul, et ça redémarre."

dimanche 26 juillet 2009

Gendarmes en réserve

Mes compétences en histoire naturelle sont très limitées, je l'avoue.

Alors que je peux identifier quelques familles et espèces de lépidoptères de nos contrées ou d'Afrique subsaharienne, j'ai la plus grande difficulté à m'y retrouver lorsque je suis face à un de ces coléoptères casqués, cuirassés et caparaçonnés qui se rassemblent en colonies assez denses et agressives, excrétant des produits puants et urticants, à la fin des manifestations. Je suis par exemple incapable de faire la distinction entre un gendarme mobile et un membre des CRS.

Pourtant, lorsque j'étais petit, je savais très bien reconnaître les gendarmes.

C'était assez facile, car sur le riche plateau agricole où j'ai grandi (modérément), nous n'en connaissions que deux, et de mœurs plutôt paisibles, ce qui facilitait l'observation. Ils faisaient épisodiquement leur apparition au village, soit pour une visite de routine ou de courtoisie, soit pour régler une affaire mineure de la vie courante: bagarre d'ivrognes, querelle de voisinage ou un exceptionnel homicide présumé. Ils arrivaient dans un véhicule dont j'ai oublié la marque et la couleur, mais qui a pris, dans ma mémoire, une forme assez curieuse, hybride entre la quatrelle et la juvaquatre. Le premier à en sortir, du côté passager, était un petit brun à moustache, que l'on appelait le "p'tit gros". Le second à se déplier était nettement plus grand, et glabre; on le surnommait le "grand Corse", car il avouait une origine insulaire. Certains allaient jusqu'à le désigner par "le grand couillon", mais c'était par pure gentillesse, et pour tenir compte d'une certaine réalité.

Ils n'ont jamais accumulé parmi nous un énorme capital d'antipathie, et malgré quelques embuscades en rase campagne, aux carrefours munis d'un "Stop", ils savaient inspirer confiance, et tenaient, grâce à leur connaissance du "terrain", un rôle de médiateurs plutôt qu'un rôle de "sales flics" jouant les cowboys. On disait parfois qu'ils n'avaient pas inventé la poudre, mais on reconnaissait qu'ils n'en faisaient pas tellement usage non plus.

Gendarme de nos campagnes ou Pyrrhocoris apterus.
Photographie © F. Köhler

Ce ne sont là que souvenirs d'enfance, racontés avec toute la complaisance que l'on met à raconter des souvenirs d'enfance, mais ils remontent à une époque où l'on ne parlait pas de "sécurité partout et pour tous" et où il n'était pas encore question d'entériner par une loi le rapprochement (inéluctable, forcément inéluctable, je suppose) de la gendarmerie et de la police. Ce rapprochement, on a pu le constater, depuis longtemps, en voyant la gendarmerie emprunter à la police nombre de pratiques et comportements, y compris les plus détestables.

Le jeudi 23 juillet, les députés présents ont voté, à main levée, la loi qui rattache la gendarmerie au ministère de l'Intérieur, qui aura désormais le contrôle de l'organisation et du budget de la gendarmerie (qui dépendait auparavant de la défense).

Monsieur Hortefeux est très content, et il l'a fait savoir:

Brice Hortefeux a salué, dans un communiqué, l'adoption définitive jeudi du projet de loi consacrant le rattachement de la gendarmerie nationale au ministère de l'intérieur, "une bonne nouvelle pour les 105 000 militaires qui assurent, au quotidien, sur le terrain, la paix et la sécurité publiques et, au-delà, pour l'ensemble de nos concitoyens". "A la fois nécessaire, pragmatique et concrète, cette réforme conforte le statut et l'identité militaires de la gendarmerie nationale et permet de mieux lutter contre la délinquance en plaçant, sous un commandement ministériel unique, l'ensemble des forces de sécurité intérieure", affirme le communiqué. Le ministre de l'Intérieur affirme qui veillera "à ce que ce rapprochement devienne rapidement réalité sur le terrain".

On comprend aisément que le fait de disposer d'une réserve supplémentaire de 105 000 petits soldats bien disciplinés soit une bonne nouvelle pour notre ministre.

Et pour le budget de l'Etat, puisque

L'objet de cette réforme est également de mutualiser les moyens et de réduire les effectifs. Sur les 100 000 gendarmes et 150 000 policiers que compte actuellement la France, 8 300 postes devraient disparaître d'ici à 2011, dont 3 500 de gendarmes et 4 800 de policiers.

Pour certains, comme le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, cette "mutualisation" mène à la fusion entre police et gendarmerie qui devrait venir "d'elle-même comme un fruit mûr". On peut consulter son point de vue de "spécialiste des questions de sécurité" dans un texte mis en ligne sur le site de Terra Nova.

Pour avoir un éclairage de l'intérieur sur ce passage de la gendarmerie à l'Intérieur, il faut lire l'article que Jean-Hugues Matelly a écrit en collaboration avec Christian Mouhanna et Laurent Mucchielli.

Les propos critiques du commandant Jean-Hugues Matelly, officier de gendarmerie et chercheur associé au CNRS, ont conduit sa hiérarchie a lui reprocher un manquement au devoir de réserve. Déjà blâmé, le gendarme citoyen Matelly est maintenant convoqué "devant la plus haute instance disciplinaire militaire" et risque la radiation.

Car décidément, ce commandant manque de réserve...

Mais quand on se veut citoyen,
la réserve n'est pas naturelle.

samedi 25 juillet 2009

Le prix de la désobéissance

Monsieur l'inspecteur d'académie de Toulouse n'est pas un "désobéisseur", on s'en doute.

Mais comme il se doit d'observer rigoureusement son obligation de réserve, il ne nous dira probablement jamais si la sanction qu'il vient de prendre à l'encontre d'Alain Refalo lui a été suggérée par son ministère de tutelle ou par sa propre conscience pédagogique.

Pour s'être rendu coupable de "refus d'obéissance, manquement à l'obligation de réserve, incitation à la désobéissance collective et attaque publique contre un fonctionnaire de l'Education nationale" (assavoir son inspecteur), Alain Refalo se voit donc infliger une "sanction disciplinaire de catégorie 2", qui consiste en un abaissement d'un échelon à partir de celui où on l'avait déjà maintenu au mois de février, en lui refusant la promotion qui lui était due.

Si l'on se souvient qu'Alain Refalo a toujours effectué la totalité de son service et que ses rapports pédagogiques sont très bons, cette mesure ne peut qu'être considérée comme une mesure de type strictement disciplinaire.

Et exemplaire.

Monsieur Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale entend probablement donner aux enseignants ce que, dans le jargon, on nomme "un signal fort", avec l'espoir que ceux-ci enfin comprendront le message: en travaillant dans le domaine de l'éducation nationale, vous ne vendez pas seulement votre force de travail en "rentabilisant" le "capital" de savoir et de compétences que vous avez pu accumuler durant vos chères études, mais vous vendez aussi votre esprit critique, vos convictions et vos opinions.

C’est bien d’apprendre à compter aux enfants,
mais c’est encore mieux de leur apprendre ce qui compte.
(Merci à Lucky)

Dans leur communiqué du 24 juillet, le Comité de soutien à Alain Refalo et le Mouvement des Enseignants du primaire en Résistance Pédagogique font une évaluation du prix à payer pour la liberté de pensée et d'expression de cette pensée, lorsqu'on est professeur des écoles: "cette sanction représente pour les quatre ans qui viennent une perte d'au moins 7 000 euros".

Ce calcul indicatif pourrait faire croire à une pénalité financière limitée dans le temps, mais j'ai bien peur qu'il n'en soit rien. Si j'ai bien compris, en le rétrogradant à deux échelons au dessous de celui qu'il mérite, l'administration impose à Alain Refalo un retard définitif et à vie de son avancement. Il me faudrait plus de détails sur l'évolution des carrières d'un professeur des écoles pour faire une évaluation précise, mais on peut deviner que, loin d'être une sanction symbolique, la "punition" infligée au "désobéisseur" peut être lourde de conséquences sur sa carrière et sa vie.

Face à cela, la réaction d'Alain Refalo est en accord avec son engagement:

Alain Refalo : (...) Nous n’allons pas baisser les bras. Le mouvement de résistance va s’accentuer dés la rentrée.

LibéToulouse : Quelles formes va prendre ce mouvement ?

Alain Refalo : Les universités d’été des "enseignants du primaire en résistance" auront lieu les 26 et 27 août à Montpellier. Nous en discuterons à cette occasion. Nous prendrons les initiatives à la hauteur du défi qui nous a été lancé par le ministre.

Car Alain Refalo n'est pas seul.

Le ministre non plus, qui a derrière lui tous les sinistrés des réformes stupides de ses prédécesseurs.

A titre d'exemple, voici un commentaire glané sur 20minutes.fr:

si cet enseignant avait eu des convictioàns religiruses catholique ou musulmane, boudiste ou juive auriez vous admis qu'il les enseignat a vos enfants? Je ne pense pas, il n'est pas là pour enseigner ses convictions mais pour executer le programme mis au point (bon ou mauvais) par nos representants. j'ai souffert dans ma jeunesse d'un "maitre d'école" qui enseignait pluqs karl marks que l'histoire de france. Ce sont des enseignants pas des politologues. Les math modernes, les lectures globales voulues par eux, la morale tejettée autany d'echecs mis a leurs actifs. Ca suffit.

Incontestablement, le signataire, balladin83, a dû beaucoup souffrir de l'enseignement du marksisme, des maths modernes et de la lecture globale. Pour en arriver là, il a peut-être même développé des complications après son opération de l'appendicite en CE2...

Mais il est sans doute inutile de lui rappeler que les deux réformes ratées qu'il signale ont été décidées par les experts du Ministère, et mises en œuvre par une cohorte d'enseignants "obéisseurs" dont la souplesse d'échine et la soumission à leur prétendue obligation de réserve ont été bien récompensées par une rapide évolution de carrière.

Et peut-être même les palmes académiques...

jeudi 23 juillet 2009

Curiosité flamande, suite

Faire savoir à un adversaire politique que l'on possède sur lui des renseignements d'ordre personnel, comme son nom, son prénom, son adresse, etc. est une bonne vieille pratique, historiquement bien attestée, qui sent assez mauvais.

Comme une bien tenace odeur d'huile de ricin.

Et le fait que la police,dans certains cas, puisse aussi utiliser cette technique d'avertissement, ne la rend pas plus honorable.

La mise en ligne, sur You Tube, d'un montage vidéo donnant la liste des prénoms, initiales des noms et adresses, des vingt-six personnes interpellées par la police lors de la manifestation du 23 mai à Lille, semble bien relever de cette tradition d'intimidation.

On peut trouver assez curieuses ces menaces que rapporte la Voix du Nord, sous la plume de Benjamin Duthoit:

(...) le 3 juin, lors d'une soirée à la fac de Lille II. Selon trois membres du milieu autonome, une vive discussion s'est engagée avec un individu, qui aurait affirmé "avoir en sa possession les noms et adresses des personnes interpellées le 23 mai" et proféré "des menaces de mort". Il aurait aussi indiqué "prendre fréquemment des verres avec des policiers". Et aurait fait "le salut nazi", qualifiant les anarchistes de "Bisounours".

Cet incident est également relaté, dans un communiqué d'inculpés du 23 mai, en ces termes:

Le 3 juin 2009, au Fac bar de Lille 2, a eu lieu une soirée organisée par l’association "gégéne". Yohan, Pierre et Fatima, présent-e-s le 23 mai à la manifestation, y ont rencontré le trésorier de la Vlaams huis (maison flamande), qui les a menacé de violences physiques, a fait un salut nazi, et a qualifié les manifestant-e-s du 23 de "bisounours".

Mais, puisque dans un communiqué, la Maison Flamande affirme de son côté que "les faits allégués à l'encontre de notre adhérent, comme le reste, sont purement fictifs", nous la considérerons présumée hors de cause.

Derechef: sic, et dont acte. N'en parlons plus.

Et faisons une pause coloriage...

Curieusement, on peut constater que tentatives d'intimidation et agressions envers des militants situés plus à gauche que la gauche se pratiquent parfois en région lilloise.

Selon un bref article, non signé, de la Voix du Nord:

Deux incidents visant des militants "autonomes" sont survenus récemment, dans la même journée. Ils avaient participé à la manifestation du 23, mais n'avaient pas été interpellés. Leur identité avait été prise lors d'un rassemblement de soutien aux interpellés à l'hôtel de police de Lille-Sud. L'un d'eux aurait reçu le 6 juillet, vers 13 h, de la visite en sortant du zoo de Lille où il effectuait un TIG (travail d'intérêt général). Deux "hommes au crâne rasé" l'auraient interpellé en lui criant "black bloc", surnom des autonomes, et coursé. Ils l'auraient déjà dévisagé "devant chez lui" le 3 juillet.

Un peu plus tard ce 6 juillet, vers 20 h, Fatima (prénom modifié), 20 ans, a été agressée boulevard Victor-Hugo à Lille peu après avoir quitté le domicile de son petit ami, arrêté le 23 mai: "Je marchais. Soudain, un gars m'a chopée par-derrière et bloqué les bras. Un autre a sorti un opinel. Il m'a lacéré légèrement la joue droite et le cou. Et il m'a dit : 'C'est de la prévention. Dis à tes petits copains de se calmer et d'arrêter leurs conneries'." Des représailles de groupes d'extrême droite après la manif du 23 mai ? La description des deux individus "correspond" à ceux du zoo de Lille : "Ils veulent instaurer un climat de peur." Fatima a porté plainte.

Ces faits sont également relatés dans le communiqué des inculpé-e-s du 23.

On y fait aussi allusion dans un communiqué de la Vlaams Huis, intitulé en réponse aux casseurs autonomes, qui atteste d'une hauteur de vue parfois assez difficile à suivre:

Nous avons pris connaissance de l ’article paru dans la voix du nord en date du 16/07/09 et 17/07/09.

Il faut que vous sachiez que la "Maison du peuple flamand" condamne (si ce n’est pas le syndrome du R.E.R) très fermement les agressions dont auraient été victimes deux militants d’extrême gauche, qualifiés "d’autonomes", ayant participé à la manifestation nationale "contre la répression d’Etat" du 23 mai 2009 à LILLE.


Elle condamne également les dégradations commises par des participants à cette manifestation, au cours de laquelle les villes de Lille et de Lambersart se sont vues recouvrir de différents tags, leurs magasins souillés, le slogan "un flic, une balle, justice sociale !" entendu et le portail de notre association dégradé.

De plus vous ne représentez qu’une infime partie de la mouvance d’extrême gauche (moins de vingt personnes sur Lille), et pas la plus respectée.

Heureusement pour vous que les médias en mal de sensation vous ont donnés cette vitrine d’expression. Elle vous permet encore d ’essayer de mettre à mal notre Maison et d'espérer voir bouger les Politiques, Préfecture ou autres afin de nous faire fermer.


Vos méthodes fascistes et violentes vous (scalp, autonomes et autres déviants) condamnent auprès de vos pairs; D'ailleurs de nombreux militants de gauche se sont vus intimidés voir menacés parce qu'il n’allait pas dans votre sens.


Vous vous prenez pour la nouvelle police politique sur Lille et cela vous a amené beaucoup d’ennemis dans votre propre camp.


De nombreux militants de gauche souhaitent vous voir disparaitre car vous salissez et empêchez tout mouvement respectueux des lois et de la liberté d’expression d’avancer.


Vous ne représentez rien mais savez faire dans la manipulation et le sensationnel, cela suffit à vendre quelques journaux supplémentaires.


Sachez encore que votre comportement a permis de jeter des passerelles avec des individualités d’extrême gauche et d’associations modérées de votre camp.


Celles-ci ne demandent qu’à avancer dans la sérénité et le respect des lois.

"Vous pensiez l’ennemi en face, il est dans votre lit".


(Cette explication est donnée avec l’accord de tous les partis)


Laissons donc faire la justice, sa réponse vous rendra ridicule et ne nous manquerons pas de faire la publicité nécessaire autour de votre tentative de manipulation.

Admettons que ce qui se conçoit bien ne s'énonce pas toujours clairement et que les mots parfois se bousculent avant d'arriver.

Mais surtout, rassurons les membres de la Vlaams Huis: je suis sûr que les nouvelles amitiés de l'extrême gauche raisonnable seront assez fortes pour empêcher la fermeture de la Maison Flamande, qu'ils semblent si fort redouter.

Ce serait vraiment trop inzuste, non ?

Attention: il est déjà colorié !