mercredi 25 juin 2008

Confort des médicaments

Un des mérites incontestables du sarkozisme est d'avoir réellement décomplexé la pensée: au nom de sainte Réforme toute brève idée de comptoir, c'est-à-dire tout borborygme ou rototo plus ou moins articulé, a sa chance. Elle peut tenir la vedette au moins vingt-quatre heures, et dans le meilleur des cas être appliquée sans trop de discussions.

Ainsi en fut-il pour cette curieuse idée de "franchise médicale", ainsi en sera-t-il peut-être pour le "déremboursement" des médicaments "de confort" ou "à service médical insuffisant" pour les "maladies de longue durée".

Si vous remarquez un abus de guillemets, c'est que vous avez l'œil bien critique pour un lecteur normal, mais ils sont à leur place, car pour aborder les questions de santé publique, il semble que leur usage (non ironique) soit requis.

J'ai bien du mal à saisir cette notion de "médicament de confort", que certaines associations de patients nomment "médicaments d'accompagnement" pour certaines "affections de longue durée"…

Il serait à mon avis beaucoup plus simple de dire que, en bon gestionnaire des vies rentables, la Sécurité Sociale ne remboursera désormais que les médicaments permettant de renvoyer le patient à une activité utile pour la société dans un temps raisonnable. Au train où évoluent les mentalités, ce "concept" ne devrait pas tarder à naître dans le fécond cerveau d'un de ces politiques qui se croient élus du peuple (un statisticien titulaire d'un doctorat en médecine ou un généraliste titulaire d'un master de mercatique, par exemple).

Ainsi pourrait on dire que cette très vieille dame que j'ai vu, allongée sur son lit trembleur, dans cet asile pour vieux, situé nulle part, commencer une agonie à l'ancienne (avec cris, terreur, hurlements, effroi et invectives contre tous et tout) a reçu dans son chemin vers la mort un traitement de confort et d'accompagnement, socialement inutile.

Les cris essentiels, que ce soient les cris de l'amour, ceux de l'accouchement ou ceux de l'agonie ne sont plus admissibles par la bienséance; seuls sont admis socialement les cris des supporters sportifs ou des fêtards à dates fixes.

Aussi, pour la calmer et la faire taire, lui donna-t-on de la morphine, par voie transcutanée.

Je me souviens de l'infirmière, habituée à parler fort en articulant bien chaque syllabe, claironnant à la famille que l'on cherchait par là à accorder à la mourante un départ dans la sérénité… et, d'un ton moins haut, que l'on pouvait espérer que l'effet de dépression respiratoire de la morphine pourrait raccourcir le délai de ce "départ" serein…

Cette morphine compassionnelle avait tout de la prescription "d'accompagnement" vers la sortie pour la malade, et "de confort" pour l'établissement (en étouffant les cris) et la famille (en promettant une fin sereine et plus rapide). Mais était-elle bien utile ? Etait-elle socialement bien utile ?

Alors ?

Alors, rien.

Cette vieille dame, on l'aura compris, était ma mère.

Et sous mes lèvres, pour le dernier baiser, la sérénité de son front avait la froideur du marbre.



PS: Les chemins des associations mentales étant bien tordus, en parlant de "sérénité", l'infirmière avait activé en moi le souvenir de cette prestation célèbrissime de Pierre Dac et Francis Blanche…

boomp3.com

mardi 24 juin 2008

Carla Bruni au RMI





En entendant ce matin à la radio que le quotidien Libération consacrait sa "une" putassière façon tabloïd ringard au "décryptage" des raisons de l'incendie du centre de rétention de Vincennes, je n'ai pu m'empêcher d'aller faire un tour sur Liberation.fr. Ce n'est pas que je sois très friand des fameux "décryptages" dont les sérieux journaleux besogneux nous rabotent les oreilles en permanence; je vous dirai peut-être quelque jour ce qui me semble se cacher, en matière de conception du monde, de l'information et de la vérité, derrière ce vocable galvaudé de "décryptage"… Non, j'y suis zété par pure méchanceteté: j'étais à peu près sûr que l'éditorial serait signé Laurent Joffrin et, dans la vie, y a pas que les incendies, y a aussi la rigolade.

J'ai été un peu déçu... Cet édito est intitulé "Iniquité", mais il est plutôt à classer dans la catégorie "L'âge du capitaine". Voyons son incipit (étendu):

"La politique des reconduites à la frontière a enregistré un résultat en hausse de 80%. Mais son principal symbole, le centre de rétention de Vincennes, a brûlé à 100%.

Entre ces deux chiffres, y a-t-il une relation de cause à effet ? C’est toute la question. (…)"


(Pour les curieux, la suite est . )

En réalité, j'ai l'impression que toute la question pour l'éditorialiste Laurent Joffrin était, comme à l'accoutumée: "Que vais-je bien pouvoir écrire pour avoir l'air intelligent et faire mon effet?"

Son effet, Libération l'a fait, et de quelle manière, en invitant la chanteuse intermittente, connue sous le nom de Carla Bruni, a être "rédactrice en chef d'un jour" du numéro de samedi. Certains malotrus syndiqués (ou pas), arguant du fait que ladite chanteuse intermittente était également l'épouse provisoirement permanente du chef de l'Etat, auraient obtenu une "réduction" de la présence de Carla Sarkozy (car c'était elle !) à une longue retranscription d'un long entretien. Officiellement, selon l'AFP, reproduisant les déclarations du directeur délégué de la rédaction de Libération, Didier Pourquery, cette décision a été prise "pour des problèmes de calendrier et d'emploi du temps". Le communiqué de l'AFP ajoute pour faire bonne mesure dans l'hypocrisie médiatique:.

"Selon des sources internes, l'idée avait également provoqué des réticences au sein de la rédaction, ce qui est "aussi entré en ligne de compte", a précisé M. Pourquery."

L'accueil de notre vedette au siège de Libération fut salué par un certain nombre de mécontents réunis. Ces ronchons qui ne font rien que bouder leur plaisir ont même signé un communiqué que vous auriez pu trouver sur HNS-info, et que je reproduis ici:

"Carla Bruni au RMi, Libé, ration : le torchon brûle dans une succursale du ministère de la propagande. Récit de la visite de l’épouse de Sarkozy à Libération.

Aujourd’hui vendredi 20 juin, Carla Bruni devait être "rédactrice d’un jour " du quotidien Libération. Les salariés du journal, représentés par leur intersyndicale, se sont opposés à ce projet et ont obtenu gain de cause. La direction a donc réduit l’intervention de Madame le Président Nicolas Sarkozy à un long entretien destiné à la publication dans les colonnes du journal.

Au moment où, rue Béranger, Carla Bruni descendait de son véhicule pour aller s’entretenir et déjeuner avec Monsieur Laurent Joffrin et certains de ses collègues, des chômeurs, des intermittents et des précaires l’ont accueillie au cris de "Sarkozy au RMI, Carla au RSA !". Peu désireuse de fréquenter le populaire quand il n’est pas de son fan club, Mme Sarkozy s’est alors évaporée vers la terrasse de l’entreprise qui la recevait tandis que les manifestants se trouvaient bloqués dans le hall de l’immeuble, au nom de "l’indépendance de la presse" et de la "résistance à la dictature"...

La manifestation s’est poursuivie au son de "Carla en CRA !" (centre de rétention administrative), "les rentiers en rétention !" tandis que défilaient des stagiaires non payés et des journalistes dont bon nombre refusaient de lire les tracts qui leur étaient tendu, se montrant ainsi de parfaits exemples d’une inappétence à la lecture dont on entend partout déplorer qu’elle contribue à la crise financière que connaît la presse écrite.

Refusant de travailler plus pour ne pas gagner davantage, les ébrêcheurs de consensus ont quitté cet établissement pour rejoindre, non loin de là, les sans papiers occupants la Bourse du Travail rue Charlot, en lutte pour leur régularisation.

Commission Sarkozy au RMI."

Il semble bien que la "jonction" possible avec les sans-papiers de la Bourse du Travail, malgré une présence policière aussi pesante que d'habitude, ait donné des sueurs froides à tout le monde.

Vous pourrez néanmoins admirer le self-control (sang froid en anglais) de la jolie madame au tout début de la vidéo de LibéLabo, que je vous conseille d'aller voir chez Politique.net, car vous y trouverez d'autres détails sur l'organisation du "coup" de Libé.

Pourquoi LibéLabo a-t-il conservé le début de cette vidéo ? Pour que l'on entende les slogans des protestataires ? Je ne crois pas. Pour que l'on entende la jolie midinette dire qu'elle a eu peur ? Je ne crois pas.

A mon avis, on a voulu conserver, avec un peu de sauce contextuelle autour, le très beau plan où l'on voit monsieur Laurent Joffrin fermer la fenêtre pour étouffer les cris, donnant à voir au monde entier que le grand chef de Libé, pour être, selon la formule consacrée, le journaliste le plus benêt de France, n'en est pas moins un galant homme: il ne faut pas écorcher les oreilles d'une chanteuse déjà sans voix…



PS: Plutôt que de décrypter avec Libé, allez plutôt voir par exemple le billet de Françoise L'expulsion, c'est son métier.

Et aussi les deux forts billets de Sébastien Fontenelle La Nuit et "Un Premier Feu…" . Et de là vous sauterez sur la page fort instructive de Barricata.

Après cela, peut-être penserez-vous comme moi, on ne sait jamais, que les joffrinades sont écœurantes.

lundi 23 juin 2008

Hortefeux, le pompier pyromane






Pendant que nos bons journaux s'interrogent déontologiquement sur le nombre exact de "retenus" du Centre de Rétention Administrative de Vincennes qui ont profité de l'incendie des locaux pour faire la belle, je ne vais pas ricaner des aventures de l'inénarrable Ubu Hortefeux, ou des réactions humanistes mais fermes des cadors de l'UMP*.

Monsieur Hortefeux priant.**


J'ai seulement envie de laisser un peu d'espace à ceux qui se trouvent "accusés" d'avoir soufflé sur le feu et dont les médias vont peut-être "oublier" d'utiliser le communiqué suivant:

Communiqué de presse du RESF au sujet des événements de Vincennes

23 juin 2008

Il y a trois jours, le ministre Hortefeux paradait : presque 30 000 d’expulsions depuis 12 mois, 80% de plus que l’année dernière à la même époque. Des chiffres incontestablement gonflés (incluant les départs de touristes ayant dépassé la date de validité de leur visa ou les retours « volontaires » de Roumains ou de Bulgares expulsés avec un pécule du montant du prix de leur retour en autocar) mais qui en disent long : le respect des droits humains est bien menacé quand un responsable politique croit utile à sa gloire de gonfler les chiffres des mauvais traitements qu’il inflige à une fraction de la population !

La réalité n’a pas tardé à se manifester. Le décès le 21 juin d’un tunisien de 41 ans dans les murs de la prison administrative pour étrangers de Vincennes a été l’étincelle qui a allumé l’incendie, au sens propre comme figuré. Le soir même un premier départ de feu se produisait. Dimanche vers 15 heures, il semble que plusieurs foyers se soient déclarés, que les policiers sur place auraient été incapables de contenir (les extincteurs auraient été vides). Les internés administratifs étaient alors rassemblés dans la cour, gazés disent certains, parqués derrières des barrières. 17 d’entre eux, intoxiqués par la fumée ont été hospitalisés, quatorze selon la police auraient disparu, les autres ont été transférés en car et en train vers les prisons administratives de Palaiseau, Lille et Nîmes. Les deux centres de rétention de Vincennes sont entièrement détruits.

Ces événements d’une extrême gravité étaient parfaitement prévisibles, d’autant qu’ils se sont déjà produits dans des pays européens poursuivant les mêmes objectifs : Incendies des centre de rétention de Yarl’s Wood en Grande-Bretagne (2002), de Schipol-Oost aux Pays-Bas (2005).

Voilà des mois que la tension monte dans la majorité des prisons administratives pour étrangers. Vincennes avait déjà été partiellement détruit par un incendie puis, au moment des fêtes de fin d’année, une vague de révolte partie du Mesnil-Amelot avait gagné Vincennes. Mais, en réalité, c’est quotidiennement que les tensions et les incidents très violents y ont lieu, spécialement à Vincennes qui, avec 280 places, constitue le CRA le plus important de France. Encore plus qu’ailleurs, les incidents y sont quotidiens : automutilations, tentatives de suicide, grèves de la faim, bagarres pour un rien, incidents parfois très violents avec la police, se produisent chaque jour. Le sénateur de Paris Jean Desessard, un familier des lieux d’enfermement, disait en sortant de Vincennes il y a une quinzaine de jours, n’avoir jamais perçu une tension pareille.

Le stakhanovisme du ministre en matière d’expulsions, ses objectifs chiffrés, à l’unité près, imposés à toute la chaîne administrative et policière (dont la rétention est l’avant dernière étape) engendrent une tension extrême des personnels débordés, parfois conduits à prendre des libertés avec les procédures et contraints à des gestes qui heurtent leur conscience. A l’inverse, cette chasse à l’homme génère la terreur chez les sans papiers en liberté et le désespoir chez ceux qui sont pris. Les gestes comme ceux d’hier à Vincennes sont inévitables. Ils se reproduiront si la même politique se poursuit.

Car le véritable scandale n’est pas que quelques centaines d’hommes désespérés aient incendié leur prison. Il est dans leur internement administratif, prélude à leur expulsion. La peine qui les attend, leur bannissement, est pire que la prison. Ils ont été arrêtés à l’improviste, enfermés. Ils ont perdu leur travail, ils perdront leur logement, la totalité des biens qu’ils avaient accumulés, certains perdront leur conjoint et leurs enfants. Ils seront déposés menottés, dans la tenue dans laquelle ils ont été arrêtés, sur le tarmac d’un aéroport où personne ne les attend. Une expulsion est une humiliation dont personne ne se remet. Certains finissent mendiants, fous ou suicidés.

L’explication aux événements d’hier à Vincennes est là, dans le désespoir total de chacun des enfermés et dans la concentration du malheur dans une centaine de cellules.

Ils se reproduiront, sous une forme ou sous une autre, en France et en Europe puisque la directive de la honte adoptée la semaine dernière à Strasbourg rend légale la rétention de 18 mois, l’interdiction de séjour de 5 ans des expulsés, la possibilité d’enfermer et d’expulser des enfants. Vincennes en pire, plus longtemps et en famille.

Ce qui s’est produit hier signe la faillite de la politique de M. Sarkozy en matière d’immigration. Nous sommes d’une certaine façon à la croisée des chemins. Soit une nouvelle politique est définie, qui prenne en compte les intérêts des pays dont viennent les immigrés, l’aide qu’ils apportent à leur développement, les besoins aussi de main d’œuvre des pays riches vieillissants, la richesse véritable que constitue le brassage des cultures et des populations, etc,. Une politique réfléchie et concertée. Ou alors, à l’inverse les apprentis sorciers qui ont enclenché la course infernale aux records d’expulsions et de mauvais traitements s’entêtent, rebâtissent Vincennes en plus grand et en plus monstrueux et les choses finiront très mal. Pour les sans papiers, pour les immigrés… mais aussi pour tous les autres, tous ceux qui ne marcheront pas droit.




* LeFigaro.fr, indispensable outil pour ricaneur compulsif, m'apprend que monsieur Patrick Gaubert (UMP), député européen ET président de la Licra avait trouvé le CRA de Vincennes "plutôt convenable" lors d'une visite en mai dernier.

L'entretien que ce monsieur accorde au figaro ce termine par cette très jolie dénégation de l'intolérable:

La véritable pression est surtout psychologique. Ce sont des gens qui attendent qu'on les renvoie dans leur pays d'origine. Or beaucoup sont en France depuis des années. C'est terrible. Ce ne sont pas des assassins, mais des gens qui bossent, la plupart ont des fiches de paye. Chacun vous montre un dossier… Quand vous les écoutez, vous vous demandez ce qu'ils font là. Effectivement certains n'ont rien à y faire.

En tant que vice-président de la sous-commission des droits de l'homme au parlement européen, et président de la Licra, est-ce que vous ne pensez pas que c'est la politique migratoire qui est en cause ?

Quand on entend ces retenus, on a envie de les aider mais la loi est ainsi faite, un immigré en situation illégale soit repartir chez lui. En tant que parlementaire, nous privilégions l'immigration légale, donc nous sommes obligés d'être dur avec l'immigration illégale, on ne peut pas avoir l'un et l'autre. Soit on régularise tout le monde, soit on a une politique du retour, et les gens passeront alors par des centres de rétention pour rentrer.

** Cette illustration de monsieur Hortefeux priant sans doute Sainte Barbe (patronne des pompiers et des artilleurs) figure dans une page de Les mots ont un sens datée du 21 février 2008.


samedi 21 juin 2008

Mémé Kamizole, le retour...

En ce jour de fête de la musique partout dans le monde et de fête des muses partout sur la place Saint-Sulpice, une seule nouvelle à annoncer:

Le blog de notre amie Kamizole est réouvert !

C'est une chance: elle venait tout juste de terminer les grandes manœuvres de rangement et de ménage qu'elle avait été contrainte d'entreprendre pour faire face au désert mental de l'inaction bloguistique.

Bon retour !



mercredi 18 juin 2008

Le retour des peuples enfants

Lorsque lassé de la vie trépidante des quartiers de l'Est parisien, je m'aventure à aller poser mon arthrose sur les bancs des beaux quartiers, pour observer les plus récents arrivages de jeunes filles au pair près des bacs à sables aseptisés, je suis toujours admiratif en voyant les jeunes parents dans l'exercice de leurs fonctions, menant de merveilleuses campagnes d'explication des contraintes de la vie à leur turbulente progéniture.

Il faut reconnaître que nos jeunes bobos entre deux âges, éduqués par des parents baba-cool retour de leur stage de fin d'étude "aux states", ont été nourris et gavés de sous-Dolto allégé, additionné de tous les édulcorants autorisés.

Leur usage de la maïeutique faux-cul pour persuader Petit-Frère qu'il ne faut pas crever les yeux de Grande-Sœur, par exemple, est confondante: le Socrate de Platon n'aurait pas fait mieux, et le dieu de la Démocratie sait à quel point il pouvait être retors.

Quant à leur virtuosité pour obtenir un accord unanime pour rentrer à la maison, toujours à l'aide d'une discussion faisant la part belle à la démocratie du débat truqué, elle est au dessus de tout éloge, et me semble un modèle à conseiller à tous nos politiques professionnels.



Car une des activités principales de l'exercice du métier de politique sera, dans l'avenir, j'en suis persuadé, d'arriver à faire dire OUI aux peuples enfants qui aimeraient dire NON.

Monsieur Badinter le reconnaissait, sur France Culture, en parlant du référendum sur le traité de Lisbonne: il fallait poser des questions plus simples, ne pas donner à se prononcer sur une question brutale du genre "ce gros pavé indigeste, vous en voulez ?", mais simplifier. Et il regrettait qu'on n'ait pas su faire cela, et il avait l'air bien embêté...

Je suis très embêté que monsieur Badinter soit si embêté, alors je suis prêt à donner de ma personne en organisant des séminaires de pédopsychologie pour les étudiants en Droit, en Sciences Politiques ou en tout autre domaine ouvrant potentiellement à une brillante carrière de représentant du peuple infantile. Je suis en train de recruter des pères et mères de famille honorablement connus, ayant une expérience de terrain et quelques diplômes décoratifs. La grille des tarifs sera prochainement mise en ligne sur un site internet tellement beau qu'il est encore en travaux.


PS1: Le blog de notre amie Kamizole est toujours inactif chez Blogs LeMonde.fr. Kamizole a ouvert ce rabicoin chez 20Minutes.fr. Allez lui rendre visite.

Il est urgent de continuer à signer la pétition.


PS2: Je me suis encore laissé aller à lire l'éditorial de Philippe Val dans Charlie Hebdo. J'aurais dû le parier: puisqu'il évoque l'Irlande, il nous fait un couplet-leçon sur James Joyce ! Dommage qu'il ait lu un peu vite la notice d'un ouiqui quelconque exposant la littérature mondiale pour les nuls: il mélange un peu Ulysses et Finnegans Wake.

Une occasion ratée par ce cher P. Val: utiliser le fait que le dernier chapitre d'Ulysses est le magnifique monologue de Molly qui débute par "Yes" et se termine par "yes I said yes I will Yes".

Je lui dédie donc ce fragment du Finnegans Wake dit par James Joyce: Anna Livia Plurabelle.


Découvrez Various!


mardi 17 juin 2008

Des nouvelles de Kamizole, mais pas de LeMonde.fr

Ce matin, sur mon navigateur, qui ce soir sera obsolète, cela donnait toujours ça:


Et dans ma boitamél, un courriel de Kate (alias Kamizole) précisant ceci:

Bonjour à tou(te)s,
Pour les personnes qui ne seraient pas encore au courant (j'ai reçu de nombreux courriels me demandant ce qui se passe) je résume mes mésaventures.

Le 11 juin, j'ai travaillé tout l'après-midi sur le blog. Sans aucun problème. Vers 19 h, je reçois un message de Circé m'informant que mon blog est inaccessible. Suivi d'autres alertes par des ami(e)s blogueur/euses.
Les personnes qui essaient de s'y connecter reçoivent le message "blog inactif" ou mieux : "censuré".

Bien entendu je me précipite sur ma boîte club@lemonde pour voir si un mail des administrateurs du Monde m'enjoint de supprimer ou modifier le contenu d'un article. Rien...
Le 12 juin, je peux accéder au tableau de bord du blog et une alerte signale un problème technique qui a perturbé le fonctionnement de blogs et que tout rentre dans l'ordre. Me voilà rassurée. Je signale toutefois (à 8 heures du matin) aux administrateurs du blog que pour moi, le problème reste identique.
Je reçois (à 18 heures !) un courriel signalant la panne. Je prends patience.

Le 13 juin, toujours rien. J'envoie donc un nouveau courriel aux administrateurs du Monde : aucune réponse !
Le 14 juin, idem...
Le 16 juin, idem...
J'ai l'impression qu'ils n'ouvrent même pas mes messages ! En effet, j'ai un système d'alerte qui me permet de savoir si le courriel s'est affiché sur l'ordinateur (et en général, il faut cliquer sur "oui" à la question).
Du coup, l'idée d'une pétition germait dans quelques esprits parmi les personnes qui m'envoyaient des messages me demandant ce qui se passait.
Hier soir, Circé m'a téléphoné pour me prévenir qu'elle avait mis la pétition en ligne.
Les personnes qui le souhaitent peuvent donc en prendre connaissance : http://circe45.over-blog.com/article-20504620.html
Il va sans dire que je trouve l'attitude des administrateurs des blogs du Monde.fr proprement scandaleuse et fort cavalière. Je ne comprends pas qu'ils ne prennent même pas la peine de répondre à mes messages. Je peux vous affirmer qu'ils sont mesurés et tout à fait polis. J'ai encore un peu d'éducation, bordel de merde !
Et concernant une éventuelle censure, soit ils devaient me signaler qu'un contenu posait problème et me demander de le supprimer ou d'en corriger un élément, ce que j'aurais naturellement fait ; soit je suis censurée pour "l'ensemble de mon œuvre"...
Pour terminer sur une note d'humour : serais-je le PPDA des blogs du Monde.fr ?
Je tiens à remercier non seulement Circé (espérant qu'elle aura les talents de magicienne de son homonyme mythologique) mais aussi toutes les personnes qui se sont inquiétées et m'ont envoyé des messages de sympathie, ainsi que celles dont je sais qu'elles ont déjà signé la pétition.
Cet élan de sympathie me touche énormément...
Je vous souhaite à tou(te)s une très bonne journée.

@micalement,

Kate (alias mémé Kamizole)


La pétition demandant le retour de Lait d'Beu dans la liste des blogs accessibles est en ligne à cet endroit.

Vous trouverez d'autres informations sur le blog de Circé.

lundi 16 juin 2008

Rendez nous le blog de mémé Kamizole !

boomp3.com

Ston paradiso par Angélique Ionatos
(dédicace spéciale pour Kamizole)

Depuis le 11 juin, à chaque fois que je tente de me brancher sur le blog de mémé Kamizole, Lait d'Beu, je tombe sur un message m'annonçant "Ce blog n'est plus actif".

Je ne sais pas si vous connaissez ce blog. Vous devriez, car il est indiqué parmi les très sélectionnés et très estimés blogs que j'ai choisis pour "voisins de palier".

Mais au cas où votre saine curiosité ne vous aurait pas conduit jusqu'à son adresse, il vaut mieux préciser qu'on peut sans doute tout dire de Kamizole, sauf qu'elle est du genre à laisser un blog inactif: Kamizole, c'est l'hyperactive de la blogosphère, la marathonienne du commentaire politique, capable de vous décortiquer le journal Le Monde en quelques billets, de moucher d'une main Eric Le Boucher en torgnolant Eric "tronche en biais" Besson de l'autre, tout en faisant avaler sa souris à Sarkozy. Le tout avec intelligence, humour, finesse, dans un style aisé, fluide, savoureux, qui ne mâche pas ses mots, mais les place bien là où il faut et comme il faut.

Hyperactive donc, mais surtout indispensable.

Devant ce silence, je me suis inquiété, forcément inquiété. Comme s'inquiètent tous les paranoïdes distingués.

Kamizole serait-elle malade ? Non, même hospitalisée, elle aurait dicté ses billets à la première infirmière qu'elle aurait pu coincer entre la perfusion et le fauteuil, voire sous son lit…

Kamizole aurait-elle été enlevée par le Front Sarkoziste Revanchard de Montmorency ? Non, ils ne tiendraient pas cinq minutes avec elle; elle doit être insupportable comme otage.

Alors quoi?

Selon un courriel qu'elle adressé à quelques un(e)s de ses ami(e)s, daté du vendredi 13 juin, à 13h 07: 06 + 0200, l'interruption de Lait d'Beu serait, d'après l'administrateur des blogs du Monde, due aux suites d'une panne informatique (ce qui ne veut pas dire grand chose, mais permet de faire attendre le client, on a dû déjà vous faire le coup, à la sécu ou à la Trésorerie Générale).

J'ai essayé de me brancher sur plusieurs blogs estampillés Le Monde, tous ont déversé leurs billets sur mon écran. Mais j'ai pu constater que peu arrivaient à la hauteur de Lait d'Beu.

Alors, monsieur l'administrateur des blogs des abonnés du Monde, regardez bien, il y a des tas de blogs totalement insipides et vraiment ennuyeux chez vous. Vous pourriez les débrancher (mais pas les Posuto, hein!), histoire de nous rendre Kamizole au plus vite.

Sinon on va finir par trouver de vraies raisons de devenir parano…


PS: Circé45, propose une pétition pour demander la réouverture de Lait d'Beu. Vous pouvez vous y associer en allant voir ici: Signer la petition