pour les patrons de l'hôtellerie qu'il faut oublier
ces autres entrepreneurs emblématiques du
"Ta gueule, hé, j'travaille!"
Guy M. , Aphorismes pré-posthumes (à paraître)
Je me demande si les bredouillis de monsieur Brice Hortefeux ne sont pas partie intégrante et structurante de sa personnalité un peu falote et lunaire. Il a toujours l'air de débarquer de la lune rousse; et à force d'avoir cet air de débarquer, il s'est laissé entraîner dans ces histoires d'embarquements immédiats de clandestins, dont il aimerait peut-être se laver les mains.
Aux dires de certains, ce serait un homme fort affable, d'un humour charmant et même capable de se présenter sur le plateau de Laurent Rucquier, sans préparation intensive, et d'y faire bonne figure. Sur ce dernier point, je ne peux confirmer, je ne regarde pas Laurent Rucquier. Dans mon village je suis connu comme un monsieur honnét' et prop': effectivement, cela fait des décennies que je n'ai pas acheté une revue porno, et je n'ai jamais mis les pieds dans un boxon.

Monsieur Hortefeux n'a pas à être embarrassé et peut maintenir le cap: le coup de main du patronat et l'accompagnement des syndicats dans l'affaire des 600 grévistes sans-papiers, dont une grosse centaine seront vraiment régularisés (et non pas "naturalisés", c'est très différent, monsieur le Président!) provoque certes "un petit souci" pour tenir les objectifs chiffrés, mais renforce, ô combien! le dogme rather couillu (comme disent certains de mes amis anglo-saxons) de l'immigration par et pour le TRAVAIL (qui rend libre).
Avec quelques ajustements de communication, quelques hochements de tête approbateurs de l'opposition, quelques analyses par des spécialistes de la guimauve-langue du consensus, l'idée de la nécessité de maîtriser les "flux migratoires" avec un humanisme économiquement dosé devrait faire son chemin.
Et comme je suis, ce soir, flamboyant d'un optimisme béat, quoiqu'un peu antiphraseux, j'y aperçois un autre avantage à l'horizon. Pas nouveau-nouveau, mais toujours utile: c'est de réveiller un peu la vieille xénophobie populiste de la clientèle d'extrème-droite. Vous pouvez en trouver une amorce particulièrement hypocrite dans cet article de prétendue réflexion: "Vive les sans-papiers, à bas le smic!" La lecture rapide des commentaires qui le suivent donne une idée de la riche utilisation que pourront faire de ce thème les braves gens raisonnables au café de l'Economie et du Commerce.
Il reviendrait aux "forces de gauche" et, par exemple aux syndicats de contrer ce type de dérive. Mais ils sont devenus si raisonnables eux-aussi… Comment leur accorder un quelconque crédit ?

Sous les quolibets du Café du Commerce, des particuliers et des associations poursuivent leur travail.
La Cimade exerce depuis 1985 une mission d’accompagnement des étrangers dans les centres de rétention administrative. D’abord essentiellement sociale, elle est aujourd’hui définie comme une mission d’aide à l’exercice des droits des personnes retenues.
Le rapport 2007 vient d'être publié et a été mis en téléchargement hier à cette adresse. Il faudrait le citer en totalité: c'est le portrait fidèle et documenté de ce qui continuera d'être l'intolérable que les gens bien raisonnables tolèrent.

L'extension des centres existants et la construction de nouveaux centres de rétention vont fournir du travail dans l'industrie du bâtiment; réjouissons-nous: quand le bâtiment va, tout va.
Cracher dans la bétonnière, ça soulage.
Mais très peu.








